Quelle taille de téterelle ?

Quelle taille de téterelle ?

Voici une synthèse de l’étude d’Anders et al. (2024).

Vers une révolution du dimensionnement des téterelles

L’étude pilote de Anders et al. (2024) marque un tournant nécessaire dans notre approche du pompage. Elle remet en question le dogme des téterelles de « taille standard » (souvent 24 mm ou 27 mm) pour privilégier une approche dynamique et individualisée.

1. L’échec du « Standard » et de la mesure statique
Traditionnellement, le choix de la téterelle repose sur la mesure du diamètre de la base du mamelon au repos. L’étude souligne que cette méthode est souvent imprécise, car elle ne tient pas compte de :

• L’élasticité du tissu mamelonnaire lors de l’aspiration.

• La dynamique de l’aréole sous l’effet du vide.

• Le confort subjectif, qui est un moteur essentiel de l’éjection du lait.

2. Les bénéfices des tailles réduites (Downsizing)
L’un des résultats majeurs de l’étude est l’association entre l’utilisation de téterelles plus petites et l’amélioration des résultats cliniques :

• Confort accru : Moins de frottements excessifs et de compression des tissus aréolaires.

• Meilleur drainage : Une taille ajustée stimule plus efficacement les canaux galactophores sans causer d’oedème obstructif.

• Augmentation de la production : En réduisant la douleur (qui inhibe l’ocytocine), le volume de lait recueilli est optimisé.

3. La méthode FTS™️ : De la théorie à la pratique

L’étude valorise l’utilisation du guide FTS™️ (Flange Tool Size), qui encourage une évaluation plus fine. Pour nous, IBCLC, cela confirme que l’ajustement ne doit pas être un événement unique mais un processus :

• L’essai en mouvement : L’importance capitale d’essayer différentes tailles pendant que la pompe est en marche.

• L’approche individualisée : Ce qui fonctionne pour un parent peut varier d’un sein à l’autre et évoluer au fil du post-partum.

Voici la marche à suivre pour mesurer précisément votre mamelon et choisir votre matériel.

1. Le bon moment pour mesurer
Le mamelon change de taille selon les moments. Pour une précision optimale :

• Après une tétée ou un tirage : C’est le moment où le mamelon atteint son diamètre maximal avec une mesure à la base du mamelon précise.

• Au repos : Cette méthode démontrée par l’étude d’Anders et al. en 2024 révolutionne la mesure. Elle précise qu’une taille plus petite augmente le drainage, le confort et la production. L’importance et d’essayer plusieurs tailles pour trouver son meilleur confort.

2. La méthode de mesure :

• Préférez une règle rigide ou un gabarit de mesure (souvent fourni par les marques ou téléchargeable en ligne)

• Stimulez légèrement votre mamelon pour qu’il soit bien érigé.

• Mesurez le diamètre de la base du mamelon (la partie qui ressort).

• Attention : Ne mesurez que le mamelon. N’incluez surtout pas l’aréole (la zone colorée autour).

• Notez la mesure en millimètres (1 cm = 10 mm).

3. Les signes d’une téterelle bien ajustée
Une fois le tire-lait en marche, observez votre mamelon dans le tunnel :

• Le bon ajustement : Le mamelon avance et recule librement. L’aréole n’est pas aspirée et il n’y a pas de frottements douloureux.

• Trop petite : Le mamelon frotte contre les parois, devient rouge ou blanc.

• Trop grande : Une grande partie de l’aréole est aspirée dans le tunnel, ce qui peut causer des œdèmes et bloquer l’éjection du lait et être douloureux.

Conclusion pour la pratique clinique
Cette étude valide ce que nous observons souvent en consultation : « Plus grand ne signifie pas plus de lait ». Elle nous donne une base scientifique pour encourager les parents (qu’ils pratiquent l’allaitement mixte ou le tirage exclusif) à s’éloigner des tailles fournies par défaut dans les boîtes de tire-lait au profit de solutions sur mesure.

Le conseil de Céline Bourganeuf : Vos deux seins sont différents ! N’hésitez pas à mesurer les deux côtés, il est fréquent d’avoir besoin d’une taille différente pour le sein gauche et le sein droit. Un bon ajustement réduit le risque de lésions mamelonnaires et de mastites inflammatoires liées à un mauvais drainage.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

« Le soutien de l’expertise pour un allaitement éclairé. »

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l’article :

https://info-allaitement.org/wp-content/uploads/2025/01/chetwynd-2024-bridging-the-gap-between-lactation-care-and-research-in-human-lactation.pdf

https://journals.sagepub.com/doi/full/10.1177/08903344241305666

Rédactrice :

 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Comment bien démarrer l’allaitement maternel (Le Guide Complet des premiers jours)

Comment bien démarrer l’allaitement maternel (Le Guide Complet des premiers jours)

Comment bien démarrer l’allaitement (Le Guide presque complet pour les premiers jours avec bébé)

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC.

Félicitations ! Que votre décision d’allaiter soit prise de longue date ou que ce soit une idée de dernière minute, vous faites un cadeau inestimable à votre bébé. Le lait humain est l’aliment parfait, conçu sur mesure pour votre enfant.

Cependant : les premiers jours et les premières semaines de l’allaitement peuvent être déroutants, voire décourageants. Entre la fatigue post-accouchement, l’attente de la montée de lait (lactogénèse II) et les questions sur la position d’allaitement, il est normal de se sentir submergée.

Ce guide est conçu comme votre allié essentiel pour bien démarrer l’allaitement. Nous allons décortiquer, étape par étape, ce qui est vraiment important, de la première tétée aux solutions pour éviter les douleurs d’allaitement. Respirez profondément : la réussite est à portée de main.

L’heure d’or : Le secret de la première tétée réussie

La toute première heure après la naissance est peut-être la plus cruciale pour la mise en place réussie de l’allaitement. On l’appelle souvent l’« Heure d’Or » (Golden Hour), et elle mérite toute votre attention.

L’importance vitale du contact peau à peau

Dès que possible après l’accouchement (même après une césarienne si l’état le permet), installer votre nouveau-né nu sur votre poitrine bien au chaud.

Le contact peau à peau immédiat ne sert pas seulement à rassurer bébé. Il :

  1. Régule sa température et son rythme cardiaque.
  2. Active les réflexes instinctifs : Le bébé, guidé par son odorat, va ramper ou chercher naturellement votre sein.
  3. Libère l’ocytocine (l’hormone de l’amour) chez vous, ce qui facilite l’éjection et la production du lait.

La première tétée et le colostrum ( Lactogénèse I)

Cette première tétée est une exploration et une véritable prise de repas fondamentale. Le bébé ingère alors le colostrum. Ce « premier lait » est une substance jaune et épaisse, produite en petite quantité, qui agit comme un véritable vaccin :

  • Il est extrêmement riche en anticorps pour protéger bébé.
  • Il est hautement concentré en nutriments.
  • Il aide à faire mûrir le système digestif.
  • Il est riche en anticorps pour proteger votre nouveau né.

Même si bébé ne prend que quelques millilitres de ce précieux liquide, c’est le signal envoyé à votre corps pour lancer la machine de production. Ne vous inquiétez pas de la quantité à ce stade, les quantités sont adaptées à la taille de l’estomac de votre bébé, la taille d’une cerise !

Position d’allaitement et prise du sein

Les problèmes et les douleurs d’allaitement surviennent dans 95 % des cas à cause d’une position inadaptée, et non d’un manque de lait ! En vous concentrant sur deux éléments, la position d’allaitement et la prise du sein, vous posez les fondations d’un allaitement sans douleur.

Les meilleures positions d’allaitement pour un bon départ

Il n’existe pas de « meilleure » position universelle, mais plusieurs options peuvent vous soulager et optimiser l’efficacité des tétées, surtout au début. L’objectif est toujours le même : que vous soyez détendue et confortable en position semi inclinée vers l’arrière comme le dit si bien S. Colson et que bébé soit en position ventrale sur le corps de la personne allaitante.

Conseil d’expert : Apportez toujours le bébé au sein, et non l’inverse. Si vous vous penchez, vous risquez des douleurs au dos, une moins bonne prise et un inconfort.

La clé absolue : assurer une bonne prise du sein

Une mauvaise prise est la cause principale des mamelons douloureux et des crevasses. Une bonne prise du sein est le secret d’un transfert de lait efficace et d’un allaitement sans souffrance.

Ce qu’il faut viser (la prise idéale) :

  • Bouche grande ouverte : Stimulez la lèvre supérieure de bébé avec votre mamelon pour qu’il ouvre grand la bouche, comme un bâillement.
  • Asymétrie : Le nez de bébé doit toucher votre sein, mais pas son menton. Le menton est enfoncé dans le sein. Cela permet de prendre plus d’aréole en bas.
  • Lèvres éversées : Les lèvres de bébé doivent être retroussées vers l’extérieur (comme celles d’un poisson), et non pincées.
  • Silence : Vous devriez entendre des déglutitions (bruits de succion profonde et de déglutition), mais pas de claquement de langue, qui indique une mauvaise succion.

Si la prise est douloureuse, retirez doucement bébé en insérant votre doigt dans le coin de sa bouche pour briser la succion, et recommencez. Il vaut toujours mieux recommencer 10 fois que de subir une tétée douloureuse.

Gérer l’allaitement à la demande : Comprendre le rythme de bébé

Si la technique (position et prise) est le « comment », le concept d’allaitement à la demande est le « quand ». C’est une notion fondamentale pour établir une lactation saine et durable, car elle repose sur le principe simple de l’offre et de la demande.

L’Allaitement à la demande, qu’est-ce que c’est ?

Contrairement aux horaires stricts des biberons, l’allaitement à la demande signifie que vous répondez aux signaux de votre bébé, et non à l’horloge.

Pourquoi est-ce vital au début ?

  • Régulation de la production : Plus bébé tète, plus votre corps produit de lait. Les premiers jours sont cruciaux pour enclancher la production. Chaque tétée supplémentaire est une commande pour l’avenir.
  • Besoins du Nouveau-Né : Le lait humain est digéré rapidement. Le système digestif du nouveau-né est petit, il a besoin de petites quantités souvent. Ce rythme d’allaitement nouveau-né est parfaitement normal et stimule sa curiosité et facilite le lien d’attachement.

Décoder les signes d’éveil (et d’appétit)

Beaucoup de parents attendent les pleurs pour proposer le sein, or les pleurs sont le dernier signal de faim ! Un bébé en pleurs est souvent trop agité pour prendre le sein correctement.

Apprenez à reconnaître les signes d’éveil précoces :

Signal Précoce (Proposer le sein) Signal Intermédiaire (Agitation) Signal Tardif (Difficile d’allaiter)
Mouvements des lèvres, léchage. Agitation, mouvements des bras. Pleurs intenses.
Mouvements de la tête (cherche). Gémissements ou petits bruits. Tête rejetée en arrière, corps raide.
Mains portées à la bouche. Succion des doigts ou de la langue.

En répondant aux signaux précoces, vous garantissez une tétée plus calme et plus efficace.

Quelle est la fréquence tétées normale ?

Au cours des premières semaines, attendez-vous à une fréquence de tétées élevée, soit environ 8 à 12 fois par 24 heures (et parfois plus).

Cette fréquence inclut ce que l’on appelle le cluster feeding (ou tétées groupées), où bébé peut réclamer le sein toutes les heures ou toutes les demi-heures, souvent en fin d’après-midi ou en soirée. C’est une phase de développement normal qui aide souvent à stimuler la production avant la nuit.

Attention aux tétées manquées : Si votre nouveau-né dort beaucoup et ne réclame pas le sein, il est parfois nécessaire de le réveiller pour téter (surtout s’il a perdu beaucoup de poids ou s’il dort plus de 4 heures d’affilée). Ne pas stimuler le sein peut compromettre votre montée de lait.

Lactogénèse II : comprendre, gérer et soulager l’engorgement

La montée de lait ou la lactogénèse II est le moment où votre corps passe de la production de colostrum ( Lactogénèse I)) à la production de lait mature, en plus grande quantité. C’est souvent un moment physique intense, mais bien le gérer est essentiel pour le confort de la mère et la poursuite de l’allaitement.

Quand arrive la montée de lait ?

La lactogénèse II se produit généralement entre le deuxième et le quatrième jour après l’accouchement. Chez certaines femmes, cela peut prendre un ou deux jours de plus, surtout après une césarienne ou si l’accouchement a été difficile.

Les signes typiques :

  • Seins lourds et fermes : Ils peuvent devenir beaucoup plus gros.
  • Veines apparentes : Les veines sur les seins deviennent plus visibles.
  • Sensibilité : Une sensation de plénitude et parfois de picotement.

Soyez rassurée : ces sensations sont le signe que le système fonctionne et que le volume de lait augmente considérablement !

Gérer l’engorgement du sein

Si le bébé ne vide pas assez souvent ou assez efficacement les seins après la montée de lait, cela peut conduire à l’engorgement du sein. Les seins deviennent durs, douloureux, tendus et parfois difficiles à prendre pour bébé.

Conseils pour soulager et prévenir l’engorgement :

  1. Augmenter la fréquence des tétées : C’est le meilleur remède.
  2. Appliquer du froid : Entre les tétées, l’application de compresses froides ou de feuilles de chou (oui, vraiment !) aide à réduire l’inflammation et la douleur.
  3. Appliquer du chaud AVANT : Juste avant la tétée, appliquez un peu de chaleur (douche chaude ou serviette tiède) pour aider le lait à s’écouler plus facilement quand celui ci semble plus difficile à venir.
  4. Expression Manuelle (ou tire-lait) : Si votre sein est trop dur pour que bébé s’y accroche, exprimez un peu de lait à la main pour assouplir l’aréole. L’utilisation d’un tire-lait peut également être nécessaire pour soulager l’excès de production ponctuel.

Attention : En cas d’engorgement, consultez une consultante en lactation IBCLC, car cela pourrait être le signe d’une mastite.

Le Mythe de l’eau et de l’alimentation allaitement

Pour soutenir votre production de lait, le maître-mot est l’hydratation !

  • Hydratez-vous : Buvez un grand verre d’eau ou une tisane chaque fois que vous allaitez.
  • Mangez Équilibré : Les super-aliments qui soutiennent la production (souvent appelés aliments galactogènes) comme l’avoine, les graines de lin ou le fenugrec peuvent aider, mais une alimentation variée et suffisante en calories est la seule véritable nécessité.

Que manger et boire pendant l’allaitement ? Soutenir sa production de lait

Le corps de la personne qui allaite travaille incroyablement fort, nécessitant environ 300 à 500 calories supplémentaires par jour. Bien que votre corps soit capable de produire du lait même si votre régime est imparfait, prendre soin de votre nutrition est essentiel pour votre énergie et la réussite à long terme de l’allaitement.

L’Hydratation : Le carburant de la lactation

C’est le conseil le plus important : le lait humain est composé à près de 90 % d’eau. Une bonne hydratation est donc non négociable pour maintenir votre production et éviter la fatigue.

  • Règle Simple : Ayez toujours une bouteille d’eau à portée de main. Prenez l’habitude de boire un grand verre d’eau ou une tisane chaque fois que vous vous asseyez pour une tétée.
  • Signe d’Alerte : Si votre urine est foncée, augmentez votre consommation d’eau immédiatement.

L’Alimentation Allaitement : Priorité aux Nutriments

Aucun aliment ne « gâche » votre lait, mais certains aliments peuvent vous aider. Visez une alimentation variée et riche.

Nutriments Essentiels Sources Alimentaires Rôle dans l’Allaitement
Fer Viande rouge, légumes verts foncés, légumineuses Crucial pour l’énergie de la mère (post-partum).
Oméga-3 (DHA) Poissons gras (maquereau, sardines), noix, graines de chia Développe le cerveau et la vision de bébé.
Calcium Légumes feuillus, boissons végétales fortifiées ou produits laitiers. Maintenir la densité osseuse de la mère.

 

Caféine, Alcool et Médicaments Compatibles Allaitement

  • Caféine : La consommation modérée (jusqu’à 300 mg par jour, soit environ 2 tasses de café) est généralement considérée comme sûre.
  • Alcool : L’alcool passe dans le lait. Il est recommandé de consommer de manière très occasionnelle et d’attendre au moins 2 heures par verre standard consommé avant d’allaiter.
  • Médicaments : Si vous devez prendre des médicaments (y compris des antidouleurs), consultez toujours un médecin ou un pharmacien pour vérifier qu’ils sont bien compatibles avec l’allaitement.

Conclusion : La confiance est la clé de votre allaitement

Félicitations ! En ayant parcouru ce guide, vous détenez toutes les clés essentielles pour non seulement bien démarrer l’allaitement, mais aussi pour naviguer avec confiance à travers les défis des premières semaines.

L’allaitement est une aventure d’apprentissage mutuel. Rappelez-vous les points fondamentaux :

  • Le Contact peau à peau est votre meilleur allié pour le démarrage.
  • La bonne prise est le secret pour éviter les douleurs d’allaitement et les crevasses.
  • L’Allaitement à la demande régule votre production de lait (offre et demande).
  • L’Hydratation et le repos sont vitaux pour gérer la montée de lait et votre énergie.

Le plus important est de faire confiance à votre corps et à votre bébé. Vous êtes tous les deux équipés pour y arriver. Si vous rencontrez des difficultés persistantes, n’hésitez jamais à chercher de l’aide auprès de professionnels qualifiés comme une consultante en lactation IBCLC.

Chaque goutte de lait humain est une victoire. Soyez fière du chemin parcouru, même un seul jour d’allaitement est un succès !

N’attendez pas la naissance pour vous préparer : la connaissance est votre meilleure alliée.

Le deuxième trimestre reste le moment idéal pour s’informer sur le mise en place de l’allaitement.

Céline Bourganeuf Puéricultrice, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL, Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatal Mum Care.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

« Le soutien de l’expertise pour un allaitement éclairé. »

Rédactrice :

 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Allaitement et chirurgie mammaire

Allaitement et chirurgie mammaire

Allaitement et chirurgie mammaire : Savoir pour optimiser vos chances

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC.

De nombreuses femmes ayant subi une chirurgie mammaire, qu’elle soit esthétique (augmentation, réduction) ou reconstructrice, s’interrogent sur leur capacité à allaiter. La bonne nouvelle est que, dans la grande majorité des cas, l’allaitement est possible, mais il est crucial d’être bien informée et accompagnée précocement.

La réussite dépend largement du type de chirurgie, de l’emplacement des incisions et du temps écoulé depuis l’intervention. En tant qu’IBCLC, je vous guide à travers les facteurs clés à considérer pour optimiser votre expérience.


1. Comprendre l’impact de la chirurgie sur la lactation

La production de lait repose sur l’intégrité de trois éléments essentiels : les tissus glandulaires (où le lait est fabriqué), les canaux galactophores (qui acheminent le lait) et les nerfs sensoriels (qui transmettent le signal hormonal au cerveau).

Facteur temps et reconstruction :

Un point essentiel à retenir est que plus la chirurgie est ancienne, plus les chances d’allaitement sont grandes. Avec le temps, une certaine reconstruction spontanée des canaux galactophores et une réinnervation partielle sont possibles, améliorant ainsi la fonctionnalité du sein.

Augmentation mammaire (Implants)

  • Emplacement de l’incision : L’impact est généralement plus faible si l’incision est faite sous le sein (pli inframammaire) ou au niveau du creux axillaire, car cela préserve les nerfs et les canaux.

  • Emplacement de l’implant : Les implants placés sous le muscle (rétromusculaire) ont tendance à exercer moins de pression sur les tissus glandulaires que ceux placés au-dessus (préglandulaire), ce qui préserve la production de lait.

  • Risque majeur : Si l’incision est faite autour de l’aréole (péri-aréolaire), le risque de section des canaux galactophores et des nerfs est significativement plus élevé, pouvant entraîner une baisse de la sensibilité du mamelon et donc une moindre stimulation hormonale (prolactine et ocytocine).

Réduction mammaire

  • Risque majeur : La quantité de tissu glandulaire retiré et la nécessité de déplacer le mamelon et l’aréole peuvent sectionner une plus ou moins grande partie des canaux galactophores.

  • Le facteur « Greffe libre du mamelon » : Si le mamelon a été complètement retiré et réimplanté (free nipple graft), les canaux sont le plus souvent irréversiblement coupés, rendant l’allaitement par le sein opéré très difficile, voire impossible.

2. Le rôle crucial de la consultation prénatale IBCLC

Si vous avez subi une chirurgie mammaire et souhaitez allaiter, une consultation précoce avec une IBCLC est indispensable, idéalement pendant le deuxième trimestre de votre grossesse.

  1. Évaluation personnalisée : Nous analysons votre dossier chirurgical pour déterminer le type d’incision, la technique utilisée et l’étendue des dommages potentiels.

  2. Bilan de la sensibilité : Nous évaluons la sensibilité du mamelon (cruciale pour le réflexe d’éjection).

  3. Plan de naissance et d’allaitement : Nous élaborons ensemble une stratégie personnalisée dès la salle de naissance :

    • Stimulation précoce et mise au sein fréquente pour optimiser la lactogénèse 2 avec une espression mamnuelle du colostrum possible.

    • Surveillance accru du transfert de lait et du poids du bébé.

3. Les clés pour optimiser la production de lait

Même si la production est réduite, il est important de retenir que tout allaitement est un allaitement réussi. Que vous puissiez nourrir votre bébé exclusivement au sein ou que vous deviez compléter, l’allaitement partiel reste un cadeau précieux pour votre enfant, lui offrant les anticorps, les hormones de croissance et le confort, le lien qu’il recherche et dont il a besoin.

Plusieurs stratégies peuvent maximiser le lait disponible :

  • Stimulation précoce et fréquente : Le signal de production doit être maximisé. Utilisez un tire-lait de qualité après les tétées (ou à la place des tétées en cas de douleur) pour vider efficacement les seins.

  • Allaitement mixte maîtrisé : Si une supplémentation est nécessaire, nous vous aidons à la gérer de manière à préserver au maximum votre production (par exemple, utilisation d’un DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation) au sein, tire lait, compression mammaire douce).

  • La technique du « Super Allaitement » : Concentrez-vous sur le sein qui produit le mieux. Allaiter d’un seul sein est possible même pour un allaitement exclusif.

L’impact réel des divers types de chirurgie mammaire sur l’allaitement varie considérablement en fonction de l’intervention spécifique, de la technique chirurgicale utilisée, et de l’intégrité des structures mammaires conservées. Le bon fonctionnement de la lactation repose sur une glande mammaire fonctionnelle, la continuité des canaux lactifères, une sensibilité normale du mamelon et l’intégrité du système nerveux responsable de la sécrétion réflexe de prolactine et d’ocytocine.

Voici un aperçu des conséquences potentielles pour les principaux types de chirurgie mammaire :

1. Chirurgie d’Augmentation Mammaire (Implants)

L’allaitement est généralement possible après une augmentation mammaire esthétique.
Mécanisme et Implants : Les implants mammaires (silicone ou sérum physiologique) sont insérés derrière la glande mammaire ou sous le muscle pectoral, ce qui permet de préserver la glande et les canaux galactophores. L’implant lui-même est inerte et n’est pas endommagé ou déplacé par l’allaitement.
Risques liés à l’incision : L’incision est un facteur crucial. L’incision périaréolaire (autour de l’aréole) est la plus susceptible d’affecter négativement l’allaitement. Les incisions sous l’aisselle ou sous le sein n’ont théoriquement pas d’impact sur la fonction glandulaire.

Risques de production insuffisante : Les IBCLC ont constaté un taux plus élevé de problèmes d’allaitement chez les mères porteuses d’implants. Dans une étude, 64 % des mères avec implants avaient une sécrétion lactée insuffisante, en particulier lorsque l’incision était périaréolaire. L’implant, surtout s’il est volumineux ou s’il est entouré d’une coque fibreuse, peut comprimer la glande mammaire, potentiellement induisant une atrophie.

Sensibilité : Certaines chirurgies esthétiques peuvent entraîner une perte de sensibilité au niveau du mamelon (environ 2 % des cas), ce qui peut compromettre l’allaitement en affectant le réflexe d’éjection.

Sécurité des Implants : Les études n’ont pas trouvé de différence significative du taux de dérivés de silicone (silice) dans le lait des mères porteuses ou non d’implants mammaires. À l’heure actuelle, il n’existe aucune raison de penser que l’allaitement par une personne porteuse d’implants présente des risques pour l’enfant, malgré quelques études de qualité médiocre ayant décrit des pathologies chez les nourrissons (troubles de la motilité œsophagienne ou douleurs intestinales).

2. Chirurgie de Réduction Mammaire

Le taux de réussite de l’allaitement est significativement plus bas après une chirurgie de réduction mammaire.

Impact : La réduction mammaire implique souvent la section du canal galactophore et l’ablation d’une partie du tissu mammaire. La quantité de lait que la mère pourra sécréter est la principale question. Le taux de réussite varie de 0 % à 70 % selon le type de chirurgie.

Techniques Chirurgicales :

    ◦ Déplacement du mamelon libre : Le mamelon est découpé puis replacé. La lactation est théoriquement impossible, bien que des cas documentés d’allaitement suggèrent une capacité de régénération des canaux.

    ◦ Transposition simple : Le mamelon reste attaché au tissu. Cette méthode est plus favorable, surtout si la réduction se fait à partir de tissu non glandulaire et si la quantité de tissu enlevée est faible.

Mécanismes de l’échec : La chirurgie peut léser les nerfs interférant avec le réflexe d’éjection, sectionner les canaux lactifères (empêchant l’écoulement sans recanalisation), ou laisser une quantité de tissu glandulaire restante insuffisante.

Pronostic et Suivi : Presque toutes les personnes arriveront à avoir du lait. Si l’intégrité de la glande mammaire et sa liaison avec le mamelon ont été préservées au maximum, l’allaitement est généralement possible, mais des compléments sont parfois nécessaires. Les personnes allaitantes peuvent envisager la perspective de donner des compléments. Un suivi étroit est nécessaire pour optimiser la lactation et la croissance de l’enfant.

3. Autres Types de Chirurgie Mammaire

Type de chirurgie

 

Impact sur l’allaitement

 

Détails et nuances

 

Correction d’une Ptose (Lifting)

 

Conséquences similaires à la réduction.

 

Si la correction est isolée et réalisée par transposition simple sans toucher la glande mammaire, les capacités fonctionnelles des seins seront moins affectées. Il est recommandé d’attendre au moins 6 mois après l’opération pour un projet d’allaitement.

 

Biopsies et Ablation de Tumeurs

 

Impact généralement localisé.

 

Le principal risque est l’isolation d’une partie de la glande, ce qui peut provoquer un engorgement localisé. Souvent, la zone non vidée involue naturellement. Puisque cette chirurgie ne touche généralement qu’un seul sein, l’autre reste parfaitement fonctionnel.

 

Mammectomie / Chirurgie Reconstructrice

 

Allaitement impossible du côté opéré.

 

En cas de mastectomie, la glande mammaire est généralement ôtée dans sa totalité. L’allaitement peut se poursuivre avec le sein controlatéral non opéré. L’allaitement devient impossible en cas de double mastectomie.

 

Lipofilling Mammaire

 

Aucun danger pour l’allaitement futur.

 

Cette technique utilise la propre graisse corporelle de la patiente et ne présente aucun danger pour l’allaitement, similaire à l’augmentation par implants.

 

Correction de Mamelons Rétractés/Invaginés

 

Impact potentiel, informations limitées.

 

La correction chirurgicale vise à sectionner les tracti fibreux. Cela peut perturber l’allaitement futur car l’opération peut sectionner les canaux galactophores. Théoriquement, l’intervention n’a pas d’impact négatif si elle est faite avec soin, mais aucune étude n’a évalué la capacité à allaiter après cette chirurgie.

 

Chirurgie Thoracique

 

Impact faible à l’âge adulte, risque si pratiquée pendant l’enfance.

 

Si la chirurgie a lieu pendant l’enfance, elle peut léser la glande mammaire immature. Cependant, la récupération est possible, surtout si l’intervention a eu lieu avant la puberté.

 

En conclusion, il est crucial de noter qu’il est impossible de prédire à l’avance ce qui se passera exactement. Le corps humain a une capacité d’auto-réparation et chaque nouvelle grossesse est l’occasion d’un développement mammaire. Il est conseillé de commencer à allaiter et de suivre la situation de près, en se concentrant sur la croissance de l’enfant. Plus le temps écoulé depuis l’opération est long, plus les chances de réparation sont élevées.
Le chemin vers l’allaitement après une chirurgie mammaire peut demander plus d’efforts, mais avec la bonne information et un suivi expert, de nombreuses personnes réussissent à allaiter.

N’attendez pas la naissance pour vous préparer : la connaissance est votre meilleure alliée.

Céline Bourganeuf Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL, Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatl Mum Care.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

« Le soutien de l’expertise pour un allaitement éclairé. »

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Mycose et allaitement

Mycose et allaitement

Mycose mammaire et candidose : Comprendre et soigner l’infection fongique en allaitement

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC

La douleur au sein et au mamelon est l’une des raisons les plus fréquentes d’arrêt prématuré de l’allaitement. Si la cause principale reste souvent une mauvaise prise du sein, la mycose mammaire (ou candidose) est une infection fongique à ne pas négliger, qui peut rendre l’allaitement extrêmement douloureux et décourageant.

En tant qu’IBCLC, je vous explique comment identifier, diagnostiquer et traiter efficacement cette infection souvent difficile à éradiquer.


Qu’est-ce que la mycose mammaire ?

La mycose est une infection causée le plus souvent par le champignon Candida albicans, qui est naturellement présent dans le corps humain (bouche, tube digestif, vagin). En allaitement, Candida peut proliférer et infecter le mamelon et le sein, créant un cercle vicieux de douleur et d’inflammation.

Facteurs favorisants :

  • L’humidité et la chaleur : L’environnement chaud et humide du mamelon et de la bouche du bébé est idéal pour la croissance du champignon.

  • Antibiothérapie : La prise récente d’antibiotiques par la mère ou le bébé (pendant l’accouchement ou après) peut détruire la flore bactérienne protectrice, laissant le champ libre au Candida.

  • Dommages cutanés : Des crevasses ou des lésions sur le mamelon (souvent causées par une mauvaise position ou un frein lingual) facilitent l’entrée du champignon.

  • Sucre : Une alimentation riche en sucres peut également favoriser la prolifération du champignon.


Reconnaître les symptômes : Mère et Bébé

Le diagnostic de la mycose est principalement clinique, car ses symptômes peuvent être confondus avec ceux d’une infection bactérienne ou d’une mauvaise prise du sein.

Chez la Mère (Mamelons et Seins)

  • Douleur persistante : C’est le symptôme le plus marquant. La douleur est souvent décrite comme une sensation de brûlure intense, de piqûre ou de coup d’aiguille qui peut irradier profondément dans le sein, y compris entre les tétées.

  • Apparence du mamelon : La peau peut être rouge vif, brillante, squameuse ou présenter de petites vésicules. Elle peut sembler craquelée ou très sensible au toucher.

  • Absence d’amélioration : Contrairement à une douleur due à un mauvais latch qui s’améliore avec la correction de la position, la douleur de la mycose persiste malgré les ajustements.

Chez le Bébé (Bouche et Fesses)

    • Muguet : Taches blanches, crémeuses sur la langue, la face interne des joues ou le palais qui ne s’effacent pas facilement (à différencier des résidus de lait).

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  • Érythème fessier : Des fesses très rouges et irritées, avec de petites lésions satellites (petites taches rouges autour de la zone principale), résistant aux crèmes habituelles.


L’approche de l’IBCLC : Pourquoi consulter avant de traiter

Devant la suspicion de mycose, l’automédication est souvent inefficace car le traitement doit être simultané et ciblé.

  1. Exclusion d’autres causes de douleur : La priorité de l’IBCLC est d’évaluer la succion du bébé pour éliminer toute douleur causée par un frein lingual restrictif ou une mauvaise position, qui nécessiterait des corrections mécaniques avant tout traitement fongicide.

  2. Mise en place d’un traitement double : Le traitement de la mycose doit toujours être simultané pour la mère (sein) et le bébé (bouche) pour éviter la recontamination constante (ping-pong infectieux) pendant 3 semaines.

  3. Gestion de la lactation : L’IBCLC s’assure que, malgré la douleur, l’extraction de lait reste efficace pour maintenir la production et éviter l’engorgement. Si l’allaitement direct est trop douloureux, un protocole de tirage de lait peut être mis en place.

Protocole de traitement (sur prescription médicale)

Le traitement d’une mycose mammaire nécessite une prescription médicale pour les antifongiques. L’IBCLC apporte le protocole de gestion et les conseils d’hygiène.

  1. Traitement local : Application d’une crème ou d’une solution antifongique sur les mamelons après chaque tétée pour la mère.

  2. Traitement buccal : Application d’un gel ou d’une solution antifongique dans la bouche du bébé, souvent plusieurs fois par jour, pour traiter le muguet.

  3. Mesures d’hygiène rigoureuses :

    • Stérilisation quotidienne des pièces du tire-lait, des tétines et des jouets que le bébé met à la bouche.

    • Lavage à haute température (60°C) de tous les articles en contact avec le sein (coussinets, sous-vêtements).

    • Changement fréquent des coussinets d’allaitement.

    • Exposition à l’air des mamelons après chaque tétée pour réduire l’humidité.

La mycose est un challenge, mais un diagnostic précis et un traitement coordonné entre le médecin/sage-femme et l’IBCLC permettent généralement une guérison complète. N’hésitez jamais à consulter dès les premiers signes de douleur persistante. Votre confort est essentiel pour la poursuite de votre allaitement.

N’attendez pas que les difficultés s’installent. Comprendre, c’est déjà réussir.

Céline Bourganeuf Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL et Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatl Mum Care.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Source : OMS, PNNS, HAS, ANAES, AFFSAPS

 

Troubles de la succion et allergie du bébé

Troubles de la succion et allergie du bébé

Les troubles de la succion et les allergies du bébé : une interaction complexe dans l’allaitement
En tant qu’IBCLC, je rencontre souvent des parents confrontés à des défis d’allaitement, et deux problèmes qui peuvent être liés de manière inattendue sont les troubles de la succion et les allergies alimentaires chez le bébé.
Qu’est-ce qu’un trouble de la succion ?
Un trouble de la succion se manifeste lorsque le bébé a des difficultés à prendre le sein et à téter efficacement. Cela peut être dû à diverses raisons, comme un frein de langue (ankyloglossie), un frein de lèvre, une faible tonicité musculaire, ou des problèmes neurologiques.
Les signes courants incluent :
• Une prise de sein douloureuse ou superficielle pour la maman.
• Des bruits de claquement ou un lâcher fréquent du sein.
• Un gain de poids insuffisant chez le bébé.
• Un bébé qui s’endort rapidement au sein ou s’agite.
• Des coliques et des gaz importants.
Et les allergies alimentaires chez le bébé allaité ?
Les allergies alimentaires se produisent lorsque le système immunitaire du bébé réagit à des protéines présentes dans le lait maternel, qui proviennent de l’alimentation de la mère. Les allergènes les plus courants sont les protéines de lait de vache (APLV), le soja, les œufs, le blé et les noix.
Les symptômes peuvent inclure :
• Éruptions cutanées (eczéma, urticaire).
• Problèmes digestifs : reflux, diarrhée, constipation, mucus ou sang dans les selles.
• Symptômes respiratoires : sifflements, congestion nasale.
• Agitation, pleurs inconsolables.
Le lien surprenant entre les deux :
Alors, comment ces deux problèmes peuvent-ils être liés ?
Un bébé qui souffre d’une allergie alimentaire peut ressentir un inconfort gastro-intestinal qui rend la succion difficile et douloureuse. L’inflammation et les gaz peuvent perturber la coordination de la succion-déglutition-respiration. De plus, la douleur peut pousser le bébé à adopter une mauvaise position ou à relâcher le sein fréquemment, ce qui peut aggraver un problème de succion existant.
Pourquoi est-ce important de faire le lien ?
1 Le diagnostic est crucial : Un trouble de la succion peut masquer une allergie, et inversement. Si un bébé a un frein de langue, mais aussi une allergie, il faut traiter les deux. Se concentrer uniquement sur l’un des problèmes peut ne pas résoudre les symptômes.
2 L’approche doit être holistique : En tant que consultante IBCLC, j’examine l’ensemble du tableau clinique : la prise de sein, la mécanique de la succion, mais aussi les symptômes digestifs et cutanés du bébé. Cela me permet de proposer des solutions complètes, qu’il s’agisse de techniques de succion, de rééducation linguale, ou d’un régime d’éviction pour la mère.
3 Le soulagement est possible : En identifiant et en gérant à la fois les problèmes de succion et les allergies, les parents voient souvent un soulagement significatif. Le bébé devient plus confortable, le gain de poids s’améliore, et l’allaitement devient une expérience apaisante et épanouissante pour la mère et l’enfant.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC L-84387
Présidente AFCL & MUM MOOD
celinebourganeuf.com

Consultante en lactation IBCLC

Consultante en lactation IBCLC

IBCLC et autres Consultantes en Lactation : Comprendre la Différence Cruciale.
En tant que consultante en lactation IBCLC, je suis souvent confrontée à une certaine confusion concernant les différents titres et qualifications dans le domaine du soutien à l’allaitement. Il est essentiel pour les parents de comprendre ce qui distingue une IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) des autres personnes offrant des services de conseil en lactation. Cette distinction n’est pas seulement une question de titre, mais de profondeur de formation, de rigueur d’évaluation et de portée de pratique.
Qu’est-ce qu’une IBCLC ?
L’acronyme IBCLC signifie International Board Certified Lactation Consultant. Ce titre est la référence mondiale en matière d’excellence et de compétence dans le domaine de l’allaitement maternel. Pour devenir IBCLC, un individu doit satisfaire à des critères rigoureux établis par le International Board of Lactation Consultant Examiners (IBLCE), l’organisme de certification international.
Ces critères comprennent :
• Formation Spécifique en Sciences de la Santé : La plupart des candidats IBCLC ont déjà un diplôme dans un domaine de la santé (infirmière, sage-femme, médecin, diététicien, etc.) ou doivent suivre un nombre conséquent de crédits universitaires en sciences de la santé.
• Formation Approfondie en Lactation Humaine : Cela implique un nombre significatif d’heures de formation didactique spécifique à l’allaitement, couvrant des domaines comme l’anatomie et la physiologie de la lactation, la pharmacologie et l’allaitement, la gestion des problèmes d’allaitement complexes, l’éthique, et la communication.
• Expérience Clinique Supervisée : Un nombre substantiel d’heures de pratique clinique directe avec des mères et des bébés allaités est requis, souvent sous la supervision d’une autre IBCLC expérimentée. Cette expérience garantit une application pratique des connaissances théoriques.
• Examen de Certification International : Après avoir rempli toutes les exigences de formation et d’expérience, les candidats doivent réussir un examen global et exigeant administré par l’IBLCE. Cet examen est passé par des milliers de professionnels de la santé à travers le monde.
• Maintien de la Certification : La certification IBCLC n’est pas acquise à vie. Elle doit être renouvelée tous les cinq ans par le biais d’heures de formation continue et tous les dix ans par un examen de re-certification. Cela garantit que les IBCLC restent à jour avec les dernières recherches et pratiques basées sur des preuves.
En claire, une IBCLC est une professionnelle de la santé spécialisée qui a suivi une formation exhaustive, accumulé une expérience clinique substantielle et réussi un examen international rigoureux. Elle est capable de gérer des situations d’allaitement simples comme des cas complexes, y compris ceux impliquant des conditions médicales chez la mère ou le bébé.
Qui sont les « autres consultantes en lactation » ?
Le terme « consultante en lactation » n’est pas protégé. Cela signifie que n’importe qui peut s’autoproclamer « consultante en lactation », « conseillère en allaitement » ou « spécialiste de l’allaitement » sans avoir suivi une formation standardisée ou obtenu une certification reconnue.
Parmi ces « autres consultantes », on peut trouver :
• Conseillères en Allaitement Benevoles (La Leche League, etc.) : Ces personnes offrent un soutien invaluable, souvent basé sur leur propre expérience d’allaitement et une formation par l’organisation à laquelle elles appartiennent. Elles sont excellentes pour le soutien émotionnel et les conseils pratiques de base. Cependant, leur formation est généralement moins poussée et elles ne sont pas qualifiées pour diagnostiquer ou traiter des problèmes médicaux liés à l’allaitement.
• Professionnelles de Santé Non Spécialisées : Certaines infirmières, sages-femmes ou doulas peuvent offrir des conseils en allaitement dans le cadre de leur pratique générale. Bien qu’elles aient une base en soins de santé, elles n’ont pas nécessairement la formation spécifique et approfondie en lactation que possède une IBCLC.
• Personnes ayant suivi des formations courtes ou non certifiantes : Il existe de nombreux cours et ateliers sur l’allaitement qui peuvent donner des informations utiles. Cependant, ils ne confèrent pas le niveau d’expertise et la reconnaissance internationale de la certification IBCLC.
Pourquoi cette différence est-elle cruciale  ?
La principale différence réside dans la portée de la pratique, l’expertise clinique et la capacité à gérer des problèmes complexes.
• L’IBCLC est une experte clinique : Elle est formée pour identifier et résoudre des problèmes d’allaitement complexes qui peuvent être liés à l’anatomie du bébé (frein de langue restrictif), à la physiologie de la mère (insuffisance de production de lait, mastite récurrente), à des conditions médicales (diabète, hypothyroïdie), ou à des médicaments. Elle peut élaborer des plans de soins personnalisés et travailler en collaboration avec d’autres professionnels de la santé.
• Approche basée sur des preuves : Les IBCLC sont tenues de maintenir leurs connaissances à jour avec les dernières recherches scientifiques et d’appliquer des pratiques fondées sur des preuves.
• Professionnalisme et éthique : Les IBCLC sont soumises à un code de conduite et à des normes éthiques strictes, garantissant un service professionnel et respectueux.
• Reconnaissance et confiance : Le titre d’IBCLC est internationalement reconnu, offrant aux parents l’assurance qu’ils travaillent avec une professionnelle hautement qualifiée et compétente.
Quand consulter une IBCLC ?
Il est recommandé de consulter une IBCLC si vous rencontrez :
• Dès la 37 émé semaine de grossesse
• Des douleurs persistantes pendant l’allaitement.
• Une faible prise de poids du bébé.
• Une production de lait insuffisante ou excessive.
• Des problèmes de succion chez le bébé.
• Des conditions médicales maternelles ou infantiles affectant l’allaitement.
• Un retour au travail et la gestion de l’allaitement.
• Un souhait d’allaiter des jumeaux ou des prématurés.
• Toute situation où vous avez le moindre doute ou question sur votre allaitement.
En conclusion :
Choisir un soutien pour l’allaitement est une décision importante. Alors que toutes les personnes offrant de l’aide peuvent avoir de bonnes intentions, comprendre la différence entre une IBCLC et les autres prestataires de services d’allaitement est essentiel pour garantir que vous recevez les soins les plus appropriés et les plus qualifiés pour votre situation. Une IBCLC est une professionnelle de la santé formée et certifiée pour gérer toutes les facettes de l’allaitement, du plus simple au plus complexe, vous offrant ainsi la meilleure chance de vivre une expérience d’allaitement réussie et épanouissante.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com