Le placenta dans l’allaitement

Le placenta dans l’allaitement

Le placenta : l’organe éphémère qui connecte deux mondes

Cette image est une illustration parfaite. C’est ce qu’on appelle souvent « l’arbre de vie », et en tant qu’IBCLC, voir un placenta complet comme celui-ci est toujours un soulagement pour le futur allaitement.


Voici ce que nous observons sur votre photo d’un point de vue clinique :

L’anatomie de la transition

• La face fœtale : Ce que vous voyez (la partie lisse et brillante) est la face qui était dirigée vers le bébé. Les vaisseaux sanguins que vous voyez irradier depuis le centre ressemblent aux branches d’un arbre ; ils convergent tous vers le cordon ombilical.

• Le cordon ombilical : C’est le tuyau de communication. Une fois coupé, le bébé doit passer d’une nutrition « passive » (via le cordon) à une nutrition « active » (via le sein).

• L’intégrité des membranes : On voit bien les bords du placenta. À la naissance, les sages-femmes vérifient minutieusement qu’il ne manque aucun morceau (cotylédon) pour éviter justement la rétention dont nous parlions.

Pourquoi cette photo est rassurante pour l’allaitement

Quand le placenta est expulsé de manière complète (comme il semble l’être ici) :

1. Le signal hormonal est net : La chute de progestérone est immédiate et totale.

2. L’utérus peut se rétracter : Cela limite la perte de sang. Une anémie sévère après l’accouchement peut aussi retarder la montée de lait, car le corps privilégie la survie de la mère avant la production de nourriture.

Le saviez-vous ?

L’insertion du cordon (ici bien au centre) est idéale. Parfois, le cordon s’insère sur le côté ou sur les membranes, ce qui nécessite une surveillance plus accrue pendant la grossesse, mais n’influence généralement pas la capacité d’allaiter une fois le bébé né.

Dans mon travail d’IBCLC, je dis souvent que l’allaitement commence bien avant la naissance. Si le sein est le système de soutien après la naissance, le placenta en est le précurseur absolu.

C’est le seul organe humain créé temporairement pour une mission précise : nourrir, protéger et orchestrer la croissance.

1. Un chef d’orchestre biologique

Le placenta n’est pas qu’un simple filtre ; c’est une véritable usine métabolique. Il assure trois fonctions vitales :

• L’échange respiratoire : Il agit comme les « poumons » du bébé, apportant l’oxygène et évacuant le dioxyde de carbone.

• La nutrition : Il puise les nutriments (glucose, acides aminés, graisses) dans le sang maternel pour les transférer au fœtus.

• La protection immunitaire : Il laisse passer les anticorps (IgG) qui protégeront le bébé durant ses premiers mois de vie.

2. Le fonctionnement : Une barrière, pas un mur

Le placenta utilise un système complexe de villosités choriales. Le sang de la mère et celui du bébé ne se mélangent jamais directement. Ils circulent dans des réseaux séparés, assez proches pour que les nutriments et l’oxygène « sautent » d’un côté à l’autre par diffusion.

Le rôle hormonal : le lien avec l’allaitement)

C’est ici que mon rôle d’IBCLC devient crucial. Le placenta sécrète des hormones massives :

• La Progestérone : Elle maintient la grossesse et empêche la montée de lait précoce en bloquant l’action de la prolactine sur les glandes mammaires.

• L’HPL (Hormone Lactogène Placentaire) : Elle prépare la structure interne des seins pour la future production de lait.

3. Le « Top départ » de la lactation

Le moment le plus critique pour l’allaitement est la délivrance (l’expulsion du placenta). Dès que le placenta quitte le corps de la mère, le taux de progestérone chute brutalement. Cette chute est le signal biologique attendu par le cerveau pour libérer la prolactine. C’est ce mécanisme précis qui déclenche la « montée de lait » (lactogenèse II) environ 30 à 72 heures après l’accouchement.

Le saviez-vous ? Si un petit morceau de placenta reste coincé dans l’utérus (rétention placentaire), la montée de lait peut être retardée ou ne pas se produire, car le corps « croit » qu’il est encore enceinte.

C’est un point crucial car c’est l’une des premières causes médicales que nous explorons en cas de lactogenèse II retardée.

Voici comment ce processus biologique fonctionne et comment il peut impacter votre démarrage :

Le mécanisme de blocage hormonal

Pendant la grossesse, le placenta agit comme un « frein » sur la production de lait. Bien que vos seins soient prêts à produire (souvent dès la 16ème semaine), la progestérone sécrétée par le placenta s’attache aux récepteurs de vos glandes mammaires et bloque l’action de la prolactine.

Ce qui se passe en cas de rétention :

1. Le signal est brouillé : Si même un minuscule fragment de membrane ou de tissu placentaire reste attaché à la paroi utérine, le corps continue de détecter un taux de progestérone trop élevé.

2. La prolactine est inhibée : Le cerveau reçoit le signal que la « grossesse n’est pas totalement terminée ». En conséquence, le signal de déclenchement de la production de lait en grande quantité ne se fait pas.

3. Conséquence sur le bébé : Le bébé peut rester au colostrum plus longtemps que prévu. S’il n’y a pas assez de transfert de lait, le bébé peut perdre trop de poids ou présenter une jaunisse plus marquée.

Les signes qui doivent alerter

Je conseille de surveiller ces symptômes si le lait ne semble pas « arriver » au 4ème jour :

• Absence de modification mammaire : Les seins ne deviennent pas plus lourds, plus chauds ou plus tendus.

• Saignements persistants ou abondants : Des lochies (pertes de sang) qui restent rouge vif et abondantes, ou qui dégagent une odeur inhabituelle.

• Crampes utérines fortes : L’utérus essaie de se contracter pour expulser ce qu’il reste, provoquant des tranchées (douleurs post-accouchement) anormalement intenses.

Que faire dans cette situation ?

Si nous suspectons une rétention placentaire, voici la marche à suivre :

1. Diagnostic médical : Une échographie pelvienne est nécessaire pour confirmer la présence de débris.

2. Intervention : Un médecin peut prescrire des médicaments pour aider l’utérus à se contracter ou pratiquer une petite intervention (curetage ou révision utérine) pour retirer les fragments.

3. Relance de la lactation : Une fois le fragment retiré, le frein hormonal est levé. La montée de lait survient généralement très rapidement après (souvent en 24h à 48h).

4. Soutien par le tire-lait : En attendant, je recommande souvent d’utiliser un tire-lait de classe hospitalière pour stimuler les récepteurs mammaires et « commander » le lait dès que la voie hormonale sera libre.
Saviez-vous que d’autres facteurs comme le diabète ou le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peuvent aussi influencer ce signal hormonal ?

4. Respecter la transition : L’Heure d’Or

En tant que consultante, je recommande souvent de respecter ce passage de relais entre le placenta et le sein :

1. Le peau à peau immédiat : Il favorise la sortie du placenta grâce à l’ocytocine.

2. La première tétée : Elle aide l’utérus à se contracter pour éviter les hémorragies.

3. Le colostrum : Ce « premier lait » prend le relais des nutriments que le placenta fournissait en continu.

Conclusion
Le placenta est le premier lien d’attachement physique. En comprenant son fonctionnement, on réalise à quel point le corps est une machine incroyable, capable de passer de la nutrition intra-utérine à l’allaitement de manière fluide.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

« Le soutien de l’expertise pour un allaitement éclairé. »

Rédactrice :

 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Pourquoi la consultation IBCLC est essentielle : Comprendre la science de l’allaitement pour réussir

Pourquoi la consultation IBCLC est essentielle : Comprendre la science de l’allaitement pour réussir

L’allaitement est un geste fondamental, un processus biologique puissant. Pourtant, le mythe selon lequel il devrait être instinctif et facile a laissé un grand nombre de parents démunis face aux premières difficultés.

En tant que Consultante en Lactation certifiée IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) et présidente d’association, je constate chaque jour que le manque de connaissances précises et la confusion sont les principaux freins à un allaitement serein.

Consulter un professionnel, ce n’est pas admettre un échec, c’est investir dans la réussite.

1. Comprendre la mécanique pour prévenir les complications

 

Contrairement à l’idée reçue, l’allaitement est une mécanique d’une grande complexité qui dépasse le simple fait de mettre un bébé au sein. Une consultation avec une IBCLC va au-delà des conseils basiques : elle explore la science.

  • L’évaluation fonctionnelle du bébé : Nous analysons la succion, les réflexes oraux, et dépistons des problèmes structurels (comme un frein lingual restrictif, souvent manqué par d’autres professionnels) qui peuvent engendrer douleurs, mauvaise prise de poids et baisse de lactation.

  • La physiologie maternelle : Nous vous aidons à comprendre l’impact des hormones, la gestion des pics de croissance et les mécanismes de production de lait (lactogenèse). Cette compréhension vous donne le pouvoir d’agir sur votre lactation, plutôt que de la subir.

2. Anticiper les défis et prendre des décisions éclairées

 

Les problèmes surviennent souvent lorsque les parents n’ont pas les clés pour anticiper. Une consultation est une véritable feuille de route préventive :

  • Avant la naissance : Une consultation prénatale permet de créer un projet personnalisé intégrant votre histoire médicale (SOPK, thyroïde, chirurgie mammaire) pour anticiper les défis potentiels dès la salle de naissance.

  • Face à la douleur : La douleur n’est pas une fatalité. Nous identifions la cause (mauvaise position, crevasse, infection) et apportons des solutions concrètes pour que l’allaitement reste un plaisir, et non une source d’anxiété.

  • Médication et interventions : Face à une anesthésie, une intervention ou la prise de médicaments, le parent a besoin d’informations fiables. Notre expertise garantit que vous ne sacrifiez pas votre allaitement par manque d’information sur la compatibilité des traitements.

3. Du doute à l’autonomie : le pouvoir de la confiance

 

L’objectif de l’accompagnement n’est pas de vous rendre dépendant, mais de vous rendre autonome.

L’IBCLC est là pour valider votre intuition et traduire les signaux de votre bébé en informations claires. En observant une tétée, en analysant la prise de poids et le transfert de lait, nous vous donnons les preuves tangibles que votre corps et votre bébé fonctionnent bien.

La consultation se transforme alors en un espace d’écoute où l’on aborde les craintes, on déconstruit les mythes, et où l’on construit un plan d’action adapté à votre vie, vos contraintes familiales et vos choix.


Conclusion :

Si l’allaitement est un lien d’amour, il est aussi une compétence qui s’apprend et se perfectionne. Investir dans une consultation IBCLC, c’est choisir l’information scientifique, la personnalisation et la confiance. C’est vous donner toutes les chances de vivre un allaitement apaisé, efficace et durable.

N’attendez pas que les difficultés s’installent. Comprendre, c’est déjà réussir.

Céline Bourganeuf Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL et Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatl Mum Care.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

 

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC L-84387
Présidente AFCL & MUM MOOD
celinebourganeuf.com

les galactogogues

les galactogogues

La question de l’allaitement est souvent source de doutes pour les jeunes mamans. Si certaines choisissent de ne pas allaiter, d’autres rencontrent des difficultés comme une production de lait insuffisante.

Avant les galactogogues, le diagnostic s’impose

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Fondatrice de Mum Mood et Mum Care.

L’inquiétude de « ne pas avoir assez de lait » est l’une des préoccupations les plus fréquentes et anxiogènes des mères. Face à cette peur, la tentation est grande de se tourner vers une solution simple et rapide : les galactogogues, ces substances qui stimulent, ou sont censées stimuler, la production lactée.

Or, en tant que Consultante en Lactation IBCLC, je tiens à le réaffirmer : utiliser un galactagogue sans avoir identifié la cause première d’une production jugée insuffisante est une erreur majeure qui masque le problème au lieu de le résoudre.

1. La distinction cruciale : production vs. transfert

La première étape, et la plus fondamentale, est de différencier les problèmes de production (mère) des problèmes de transfert (bébé).

Dans la majorité des cas de faible prise de poids ou de seins qui semblent « vides », le souci ne réside pas dans la capacité du corps de la mère à produire du lait, mais plutôt dans l’inefficacité du bébé à retirer ce lait.

Si l’usine produit, mais que l’ouvrier ne décharge pas correctement, l’usine recevra le signal d’arrêter la production. Les galactogogues ne feront qu’augmenter la production sans résoudre le défaut de déchargement, menant à un engorgement ou à un résultat éphémère.

2. Le diagnostic IBCLC : Déchiffrer les mécanismes en cause

C’est là qu’intervient l’expertise d’une IBCLC. La consultation permet d’analyser de manière exhaustive les mécanismes pour trouver l’origine réelle de l’insuffisance :

A. Le Facteur Bébé (Le Transfert)

 

  • Évaluation de la succion et de la mécanique orale : Nous analysons la qualité de la prise du sein. Y a-t-il une restriction de la langue (frein lingual) ou de la lèvre qui empêche une succion efficace ? Une mauvaise mécanique est la cause n°1 d’une production en baisse.

  • Gestion du poids : Nous évaluons le transfert de lait réel via une pesée avant/après la tétée pour quantifier exactement ce que le bébé reçoit.

B. Le Facteur Mère (La Production)

 

  • Gestion du sein : La mère vide-t-elle le sein assez souvent ? Le tire-lait est-il adapté et bien utilisé ? La production est directement liée à la fréquence et à l’efficacité du drainage.

  • Historique médical : Nous explorons les facteurs hormonaux sous-jacents : SOPK, hypothyroïdie, antécédents de chirurgie mammaire, ou encore une hémorragie post-partum non traitée, qui peuvent réellement affecter la physiologie de la lactation.

3. Les Galactogogues : Quand et pourquoi ?

 

Les galactogogues ne sont pas une solution miracle, mais un outil pharmacologique qui doit être utilisé de manière ciblée et intentionnelle.

Ils ne sont véritablement indiqués que lorsque :

  1. Tous les problèmes mécaniques de transfert et de gestion ont été corrigés par des ajustements de la position, de la fréquence et de l’utilisation d’un tire-lait.

  2. Un facteur physiologique ou hormonal (hypoplasie mammaire, historique hormonal complexe) a été identifié et justifie un soutien pharmacologique en plus d’une stimulation maximale.

Recourir aux galactogogues sans diagnostic préalable peut entraîner des effets secondaires (pour la mère comme pour le bébé), un coût inutile et, surtout, la perte d’un temps précieux où la véritable cause aurait pu être traitée.

Face à ce défi et un diagnostic confirmé, parfois, l’utilisation de plantes galactogènes, reconnues pour stimuler la lactation, peut être une option naturelle intéressante.

Plantes pour stimuler la production et la qualité du lait

Fenugrec : Cette légumineuse est une des plus réputées pour son effet galactogène. Le fenugrec est consommé dans de nombreux pays pour augmenter la production de lait et en améliorer la qualité nutritive. Sa richesse en protéines, glucides, lipides et vitamines (C, A, B1, B3, B6) renforce le système immunitaire du bébé.

Ortie : Souvent négligée, l’ortie est un trésor nutritionnel. Plus riche en protéines que le soja, elle contient aussi huit acides aminés essentiels, du fer et des vitamines (C, K, B1, B2, B5, B9). L’ortie peut augmenter la production de lait tout en luttant contre la fatigue post-accouchement. On peut la consommer en tisane.

Chardon béni : Souvent associé au fenugrec, le chardon béni est très utilisé dans les compléments alimentaires pour l’allaitement. Il peut améliorer la quantité et la qualité du lait maternel.

Cumin : Bien que surtout connu pour son usage en cuisine, le cumin est aussi un stimulant efficace de la lactation. Riche en fer, magnésium, phosphore et bêta-carotène, il peut être intégré facilement dans vos plats ou consommé en infusion.

Galega (Rue de chèvre) : Utilisée depuis des siècles, notamment par les nourrices, cette plante est reconnue pour sa capacité à augmenter la production de lait maternel. Le galega contient des antioxydants et des nutriments qui peuvent améliorer la composition du lait.

Basilic : Cette herbe aromatique est conseillée pour favoriser les premières montées de lait. Riche en tanins et en minéraux, elle aide à renforcer le système immunitaire du bébé.

Ail : Cet aliment courant est un excellent galactogène qui peut stimuler la lactation. Il transmet ses bienfaits (prévention des maladies et infections) au bébé. Attention toutefois : il peut modifier le goût du lait, ce qui ne plaît pas à tous les nourrissons.

Anis : Recommandé par l’Organisation mondiale de la santé pour favoriser la lactation, l’anis est à consommer en tisane et avec modération. Il contient de l’anéthol, qui peut être toxique en forte dose pour le nourrisson.

Houblon : Surtout connu pour la fabrication de la bière, le houblon peut aussi stimuler la lactation grâce à son action sur les œstrogènes.

Maca du Pérou : Surnommé « ginseng péruvien », le maca est surtout connu pour ses bienfaits sur la fertilité et la libido, mais il est aussi considéré comme un excellent galactogène. Il aide la mère à se remettre de l’accouchement grâce à sa richesse en vitamines (C, E, D, B1, B2, B12), minéraux et nutriments qui sont ensuite transmis au bébé via le lait.

Les plantes à éviter pendant l’allaitement

Certaines plantes peuvent avoir l’effet inverse des galactogènes et réduire la production de lait. Il est préférable de les éviter durant l’allaitement, sauf si vous souhaitez réduire une surproduction. Il s’agit de :

– Sauge

– Menthe

– Aneth

– Persil

– Pervenche

Il est toujours recommandé de consulter un professionnel de la santé ou une consultante en lactation avant d’introduire de nouvelles plantes ou suppléments dans votre régime alimentaire

Aperçu des galactogogues en posologie 

Depuis des siècles, les femmes du monde entier se tournent vers diverses plantes pour augmenter leur production de lait maternel. Bien que peu d’études scientifiques rigoureuses existent sur ces galactogogues traditionnels, leur utilisation historique suggère qu’ils peuvent être à la fois efficaces et sans danger. Lorsque la production de lait est insuffisante, il est crucial de s’assurer que la mère se repose suffisamment, qu’elle s’alimente correctement et qu’elle gère son stress. Les plantes peuvent alors constituer une aide précieuse, en complément des tétées fréquentes.

Les galactogogues les plus courants incluent : le fenugrec, le galéga, le chardon-marie, l’anis, le basilic, le chardon béni et le fenouil.

Le Fenugrec (Trigonella foenum graecum)

Très prisé en Égypte, en Inde, en Grèce et à Rome, le fenugrec est traditionnellement utilisé pour favoriser la lactation. Une ancienne étude égyptienne de 1945 a même rapporté une augmentation de 900 % de la production de lait, bien que d’autres recherches soient limitées.

Son efficacité semble être dose-dépendante. Il est donc souvent nécessaire d’ajuster la quantité pour trouver le bon équilibre.

Posologie recommandée : 1 à 4 gélules de plante broyée, 3 à 4 fois par jour, soit un total de 3 à 4 g/jour de plante séchée. Les mères en cours de relactation peuvent nécessiter des doses plus élevées.

Alternative : Boire une tisane 3 fois par jour, préparée avec 1/4 de cuillère à café de graines infusées pendant 10 minutes dans 225 ml d’eau.

Effets secondaires : Le fenugrec peut donner une odeur de sirop d’érable à la sueur, au lait et à l’urine. À fortes doses, un léger effet laxatif a été rapporté chez certaines femmes. Les premiers effets sont généralement ressentis en 1 à 3 jours.

Autres galactogogues végétaux

Le Galéga (Galega officinalis) : Connu depuis la Renaissance, il est un galactogogue traditionnel en Europe. Il contient des saponines et un alcaloïde (la galégine) aux effets hypoglycémiants et hypolipidémiants. Il est habituellement utilisé sous forme de tisane.

Posologie : Une cuillère à café de feuilles séchées infusées pendant 10 minutes dans 225 ml d’eau, à prendre 3 fois par jour.

Mise en garde : Un cas de somnolence et d’hypotonie a été rapporté chez deux nourrissons dont la mère consommait une tisane contenant du galéga, de la réglisse, du fenouil et de l’anis.

L’Anis vert et étoilé (Pimpinella anisum et Illicium verum) : Ces plantes sont réputées pour leurs propriétés galactogogues et pour donner un goût agréable au lait. Elles sont également conseillées pour soulager les coliques du bébé.

Le Chardon-marie (Silybum marianum) : Utilisé en Europe depuis longtemps, le chardon-marie doit son nom à la Vierge Marie, dont les nervures blanches de la feuille rappelleraient les gouttes de lait.

Posologie : Une cuillère à café de graines écrasées infusées pendant 10 minutes dans 225 ml d’eau, à boire 2 à 3 fois par jour.

La Bière : L’effet du malt

Traditionnellement reconnue pour ses vertus, l’effet galactogène de la bière n’est pas lié à l’alcool, qui peut au contraire affecter le réflexe d’éjection du lait. Des études ont montré que ce sont les bêta-glucanes, présents en grande quantité dans le malt d’orge, qui stimulent l’hypophyse et augmentent la production de prolactine.

Recommandation : Pour bénéficier de cet effet, il est conseillé de consommer plusieurs centaines de ml de bière sans alcool riche en malt, plusieurs fois par jour.

Alternative : La consommation de produits comme le Tonimalt®️ ou l’Ovomaltine®️, riches en bêta-glucanes, peut aussi être bénéfique.

Les spécialités homéopathiques 

Les plus souvent recommandés sont Lac caninum (5 CH), Galega officinalis (TM), Ricinus (4 ou 5 CH), Calcarea carbonica (5CH). Une consultation avec un spécialiste sera nécessaire pour trouver le traitement le plus adapté à la mère.

Mise en garde sur le Fenouil et l’estragole

L’Agence européenne des médicaments (EMA) a publié une déclaration en date du 12 mai 2023, alertant sur la présence d’estragole, un composé potentiellement cancérigène, dans certaines plantes médicinales. Le fenouil est particulièrement concerné.

L’EMA met en garde contre la consommation de produits contenant de l’estragole, car il est très difficile de contrôler la dose quotidienne absorbée. En conséquence, l’agence déconseille fortement les infusions de fenouil pour les populations suivantes :

– Femmes enceintes et allaitantes

– Nourrissons et enfants de moins de 4 ans

La dose journalière d’estragole ne devrait pas dépasser 0,05 mg par personne. Étant donné l’impossibilité de garantir cette limite via des infusions maison, il est plus sûr d’éviter complètement ces produits.

Cette information est cruciale pour garantir la sécurité des mères et des enfants pendant la période d’allaitement. Je vous encourage à privilégier d’autres méthodes pour soutenir la lactation et à toujours consulter un professionnel de santé avant de consommer des plantes médicinales.

 

Priorité à la connaissance

Avant d’ingérer toute substance pour augmenter votre production, je vous exhorte à consulter. Le diagnostic précis posé par une Consultante IBCLC est l’étape la plus rapide, efficace et sécuritaire pour comprendre ce qui entrave votre allaitement.

Investissez dans la connaissance du mécanisme : c’est le meilleur moyen de redémarrer votre lactation sur des bases solides et de vivre un allaitement serein.

Pour aller plus loin :

https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1488-da-66-les-galactologues#:~:text=Les%2520plantes%2520les%2520plus%2520couramment,sur%2520le%2520r%C3%A9flexe%2520d’%C3%A9jection

 

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Mum Mood le Forum 06 Décembre 2025 édition#3

Mum Mood le Forum 06 Décembre 2025 édition#3

MUM MOOD à Nice :

L’Épicentre Européen de la Périnatalité dans un esprit « Art&Health » pour les professionnels de santé et la familles.
Marquez vos calendriers pour le 06 Décembre 2025 ! Le Forum MUM MOOD à Nice promet une immersion dans l’univers de l’allaitement, dédié aux familles et aux professionnels de santé. Cette année, l’événement réitère la présence haut de gamme des conférenciers européens spécialisés en périnatalité, offrant une plateforme de dialogue et d’apprentissage unique pour  tous. C’est une occasion en or pour échanger sur les dernières avancées, tendances, et expériences en périnatalité. Entre art, santé et savoir, MUM MOOD s’impose comme le rendez-vous incontournable pour tous ceux engagés dans l’univers de la périnatalité.
mummood.com et insta @mummood_officiel pour suivre les infos !

En tant qu’association, nous sommes attentifs à toutes les bonnes volontés qui nous aideront à faire de cet évènement un lieu où les professionels et de santé et les familles sont reines.

Le Forum MUM MOOD, l’événement incontournable de l’allaitement maternel, revient en 2025 dans le carde de la Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel !

Après le succès de ses premières éditions, le Forum MUM MOOD revient le 06 Décembre 2025 à l’AC Nice Hôtel Marriott. Plus qu’un Forum, une révolution maternelle ! MUM MOOD incarne un mouvement avec son concept clé, le « PASS » : Protéger, Accompagner, Sensibiliser, Soutenir l’allaitement maternel pour les professionnel de santé et les familles !

Ce Forum unique offre un espace ART & HEALTH privilégié où les mamans et les pro de santé explorent et partagent leurs expériences, tout en bénéficiant de conseils scientifiques. Leur ambition, faire de ce forum un événement incontournable pour les professionnels de santé et les familles !

Au programme de cette journée, des conférences haut de gamme, des scientifiques, des ateliers, des expositions artistiques, des grandes marques et des rencontres avec des éminences de l’allaitement.

Les organisateurs ont également pensé aux enfants, en prévoyant des activités pour eux, pour que les parents puissent participer aux conférences et aux discussions en toute sérénité.

Entre art, santé et savoir, MUM MOOD s’impose comme le rendez-vous incontournable pour tous ceux engagés dans l’univers de la périnatalité.

Préparez-vous à une journée enrichissante et pleine de surprises qui célèbre et soutient la maternité et l’allaitement sous toutes ses formes !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site internet de l’association mummood.com

Curieuse, sensible ou encore besoin d’en savoir plus sur l’allaitement… faire votre propre opinion, cette journée vous est dédiée !!!

Pour exposer, intervenir, sponsoriser, aider : hello@mummood.com

Le lieu :

L’AC Nice Hotel, situé au coeur de Nice est écrin de douceur qui sera vouc acceuillir dans ses grands espaces au lux naturel pour offrir au Forum MUM MOOD un grand lieu de conférences, un bel espace pour les stands, les ateliers, l’expo photo, le brunch et le concert privé. Un espace spécialement dédié aux enfants et un ROOF TOP Privé viendra sublimer la journée.

 

 

Céline BOURGANEUF, Présidente de MUM MOOD, innove encore cette année dans le Forum de l’allaitement. Elle décide de lancer ce projet pionnier, avec des conférenciers internationaux, des ateliers, des stands et un concert. C’est au coté de Sandrine Léon, Aline Goletto Didier et des ambassadrices que l’association prend toute sa dimension collective.

Prochain Forum Européen de l’allaitement maternelle 06 Décembre 2025 ! Prends vite ta place…

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF

Puéricultrice IPDE,
Consultante en lactation IBCLC

Doula
Présidente de l’AFCL (Association Française des Consultantes en lactation)
Présidente de MUM MOOD, Le salon de l’allaitement 

celinebourganeuf.com

Troubles de la succion et allergie du bébé

Troubles de la succion et allergie du bébé

Les troubles de la succion et les allergies du bébé : une interaction complexe dans l’allaitement
En tant qu’IBCLC, je rencontre souvent des parents confrontés à des défis d’allaitement, et deux problèmes qui peuvent être liés de manière inattendue sont les troubles de la succion et les allergies alimentaires chez le bébé.
Qu’est-ce qu’un trouble de la succion ?
Un trouble de la succion se manifeste lorsque le bébé a des difficultés à prendre le sein et à téter efficacement. Cela peut être dû à diverses raisons, comme un frein de langue (ankyloglossie), un frein de lèvre, une faible tonicité musculaire, ou des problèmes neurologiques.
Les signes courants incluent :
• Une prise de sein douloureuse ou superficielle pour la maman.
• Des bruits de claquement ou un lâcher fréquent du sein.
• Un gain de poids insuffisant chez le bébé.
• Un bébé qui s’endort rapidement au sein ou s’agite.
• Des coliques et des gaz importants.
Et les allergies alimentaires chez le bébé allaité ?
Les allergies alimentaires se produisent lorsque le système immunitaire du bébé réagit à des protéines présentes dans le lait maternel, qui proviennent de l’alimentation de la mère. Les allergènes les plus courants sont les protéines de lait de vache (APLV), le soja, les œufs, le blé et les noix.
Les symptômes peuvent inclure :
• Éruptions cutanées (eczéma, urticaire).
• Problèmes digestifs : reflux, diarrhée, constipation, mucus ou sang dans les selles.
• Symptômes respiratoires : sifflements, congestion nasale.
• Agitation, pleurs inconsolables.
Le lien surprenant entre les deux :
Alors, comment ces deux problèmes peuvent-ils être liés ?
Un bébé qui souffre d’une allergie alimentaire peut ressentir un inconfort gastro-intestinal qui rend la succion difficile et douloureuse. L’inflammation et les gaz peuvent perturber la coordination de la succion-déglutition-respiration. De plus, la douleur peut pousser le bébé à adopter une mauvaise position ou à relâcher le sein fréquemment, ce qui peut aggraver un problème de succion existant.
Pourquoi est-ce important de faire le lien ?
1 Le diagnostic est crucial : Un trouble de la succion peut masquer une allergie, et inversement. Si un bébé a un frein de langue, mais aussi une allergie, il faut traiter les deux. Se concentrer uniquement sur l’un des problèmes peut ne pas résoudre les symptômes.
2 L’approche doit être holistique : En tant que consultante IBCLC, j’examine l’ensemble du tableau clinique : la prise de sein, la mécanique de la succion, mais aussi les symptômes digestifs et cutanés du bébé. Cela me permet de proposer des solutions complètes, qu’il s’agisse de techniques de succion, de rééducation linguale, ou d’un régime d’éviction pour la mère.
3 Le soulagement est possible : En identifiant et en gérant à la fois les problèmes de succion et les allergies, les parents voient souvent un soulagement significatif. Le bébé devient plus confortable, le gain de poids s’améliore, et l’allaitement devient une expérience apaisante et épanouissante pour la mère et l’enfant.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

 

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC L-84387
Présidente AFCL & MUM MOOD
celinebourganeuf.com

Allaitement des jumeaux & +

Allaitement des jumeaux & +

Allaiter des jumeaux : un défi surmonté avec succès

Avoir des jumeaux est une expérience unique et merveilleuse, mais elle peut aussi soulever de nombreuses questions, notamment en ce qui concerne l’allaitement. Allaiter deux bébés en même temps peut sembler être une tâche insurmontable, mais avec une bonne organisation, du soutien et une information adaptée, c’est tout à fait possible.

Les clés d’un allaitement réussi avec des multiples

La production de lait : une adaptation naturelle

Le corps de la femme est une merveille de la nature. Lorsqu’une femme attend des jumeaux, ses seins se préparent à produire suffisamment de lait pour nourrir plusieurs bébés. La demande crée l’offre : plus les bébés tètent, plus le corps produit de lait. Il est donc tout à fait possible d’allaiter des jumeaux, voire des triplés, sans avoir à recourir à des compléments.

L’organisation est la clé

  • L’allaitement simultané : C’est une technique qui permet de gagner du temps et de stimuler la production de lait. Cependant, tous les bébés n’ont pas le même rythme, il est donc important de s’adapter à leurs besoins individuels.
  • Les positions d’allaitement : Privilégiez des positions confortables et qui permettent d’allaiter les deux bébés en même temps. Des coussins d’allaitement peuvent être d’une grande aide. le biological nurturing est une approche optimale.
  • L’expression de lait : Si nécessaire, l’expression de lait peut compléter l’allaitement au sein, notamment pour les bébés qui ont des difficultés à téter ou pour constituer une réserve.

Le soutien est essentiel

  • Le co-parent : Il joue un rôle primordial en prenant en charge certaines tâches ménagères et en offrant un soutien émotionnel au parent allaitant.
  • La famille et les amis: N’hésitez pas à solliciter l’aide de votre entourage pour vous accompagner au quotidien et dans les taches ménagères.
  • Les groupes de soutien : Rejoindre un groupe de parents de multiples peut être très bénéfique pour échanger des conseils et des expériences.
  • Les professionnels de santé: Les consultantes en lactation IBCLC sont des expertes en allaitement et peuvent vous apporter un soutien personnalisé.

L’allaitement mixte : une option à envisager

Si l’allaitement exclusif s’avère trop difficile, l’allaitement mixte peut être une solution. Il consiste à combiner allaitement au sein et biberon de lait humain ou de lait infantile. Cette option permet de maintenir les bienfaits de l’allaitement maternel tout en soulageant le parent allaitant.

Les bénéfices de l’allaitement pour les jumeaux

  • Une croissance optimale: Le lait huamin contient tous les nutriments nécessaires au développement des bébés.
  • Une meilleure protection contre les infections : Les anticorps présents dans le lait humain renforcent le système immunitaire des bébés et limites les infections, les hospitalisations.
  • Un développement cognitif favorisé : L’allaitement stimule le développement du cerveau.
  • Un lien affectif fort: L’allaitement favorise le développement d’un lien étroit entre le parent allaitant et ses bébés.

En conclusion

Allaiter des jumeaux ou des multiples est une expérience enrichissante, mais qui demande une bonne organisation et un soutien adapté. En vous entourant de professionnels et en vous accordant du temps pour vous reposer, vous pourrez vivre pleinement cette aventure. N’oubliez pas que chaque parent est unique et que chaque allaitement est différent. L’essentiel est de trouver ce qui fonctionne le mieux pour vous et vos bébés.

Conseils supplémentaires:

  • Soyez indulgente envers vous-même: L’allaitement de multiples demande beaucoup d’énergie.
  • Écoutez votre corps et vos bébés : Chacun a son propre rythme.
  • N’hésitez pas à demander de l’aide : Vous n’êtes pas seule face à ce défi.

Ressources utiles:

Mots-clés: allaitement, jumeaux, multiples, lactation, soutien, conseils, bien-être

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com