Allaitement et chirurgie mammaire

Allaitement et chirurgie mammaire

Allaitement et chirurgie mammaire : Savoir pour optimiser vos chances

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC.

De nombreuses femmes ayant subi une chirurgie mammaire, qu’elle soit esthétique (augmentation, réduction) ou reconstructrice, s’interrogent sur leur capacité à allaiter. La bonne nouvelle est que, dans la grande majorité des cas, l’allaitement est possible, mais il est crucial d’être bien informée et accompagnée précocement.

La réussite dépend largement du type de chirurgie, de l’emplacement des incisions et du temps écoulé depuis l’intervention. En tant qu’IBCLC, je vous guide à travers les facteurs clés à considérer pour optimiser votre expérience.


1. Comprendre l’impact de la chirurgie sur la lactation

La production de lait repose sur l’intégrité de trois éléments essentiels : les tissus glandulaires (où le lait est fabriqué), les canaux galactophores (qui acheminent le lait) et les nerfs sensoriels (qui transmettent le signal hormonal au cerveau).

Facteur temps et reconstruction :

Un point essentiel à retenir est que plus la chirurgie est ancienne, plus les chances d’allaitement sont grandes. Avec le temps, une certaine reconstruction spontanée des canaux galactophores et une réinnervation partielle sont possibles, améliorant ainsi la fonctionnalité du sein.

Augmentation mammaire (Implants)

  • Emplacement de l’incision : L’impact est généralement plus faible si l’incision est faite sous le sein (pli inframammaire) ou au niveau du creux axillaire, car cela préserve les nerfs et les canaux.

  • Emplacement de l’implant : Les implants placés sous le muscle (rétromusculaire) ont tendance à exercer moins de pression sur les tissus glandulaires que ceux placés au-dessus (préglandulaire), ce qui préserve la production de lait.

  • Risque majeur : Si l’incision est faite autour de l’aréole (péri-aréolaire), le risque de section des canaux galactophores et des nerfs est significativement plus élevé, pouvant entraîner une baisse de la sensibilité du mamelon et donc une moindre stimulation hormonale (prolactine et ocytocine).

Réduction mammaire

  • Risque majeur : La quantité de tissu glandulaire retiré et la nécessité de déplacer le mamelon et l’aréole peuvent sectionner une plus ou moins grande partie des canaux galactophores.

  • Le facteur « Greffe libre du mamelon » : Si le mamelon a été complètement retiré et réimplanté (free nipple graft), les canaux sont le plus souvent irréversiblement coupés, rendant l’allaitement par le sein opéré très difficile, voire impossible.

2. Le rôle crucial de la consultation prénatale IBCLC

Si vous avez subi une chirurgie mammaire et souhaitez allaiter, une consultation précoce avec une IBCLC est indispensable, idéalement pendant le deuxième trimestre de votre grossesse.

  1. Évaluation personnalisée : Nous analysons votre dossier chirurgical pour déterminer le type d’incision, la technique utilisée et l’étendue des dommages potentiels.

  2. Bilan de la sensibilité : Nous évaluons la sensibilité du mamelon (cruciale pour le réflexe d’éjection).

  3. Plan de naissance et d’allaitement : Nous élaborons ensemble une stratégie personnalisée dès la salle de naissance :

    • Stimulation précoce et mise au sein fréquente pour optimiser la lactogénèse 2 avec une espression mamnuelle du colostrum possible.

    • Surveillance accru du transfert de lait et du poids du bébé.

3. Les clés pour optimiser la production de lait

Même si la production est réduite, il est important de retenir que tout allaitement est un allaitement réussi. Que vous puissiez nourrir votre bébé exclusivement au sein ou que vous deviez compléter, l’allaitement partiel reste un cadeau précieux pour votre enfant, lui offrant les anticorps, les hormones de croissance et le confort, le lien qu’il recherche et dont il a besoin.

Plusieurs stratégies peuvent maximiser le lait disponible :

  • Stimulation précoce et fréquente : Le signal de production doit être maximisé. Utilisez un tire-lait de qualité après les tétées (ou à la place des tétées en cas de douleur) pour vider efficacement les seins.

  • Allaitement mixte maîtrisé : Si une supplémentation est nécessaire, nous vous aidons à la gérer de manière à préserver au maximum votre production (par exemple, utilisation d’un DAL (Dispositif d’Aide à la Lactation) au sein, tire lait, compression mammaire douce).

  • La technique du « Super Allaitement » : Concentrez-vous sur le sein qui produit le mieux. Allaiter d’un seul sein est possible même pour un allaitement exclusif.

L’impact réel des divers types de chirurgie mammaire sur l’allaitement varie considérablement en fonction de l’intervention spécifique, de la technique chirurgicale utilisée, et de l’intégrité des structures mammaires conservées. Le bon fonctionnement de la lactation repose sur une glande mammaire fonctionnelle, la continuité des canaux lactifères, une sensibilité normale du mamelon et l’intégrité du système nerveux responsable de la sécrétion réflexe de prolactine et d’ocytocine.

Voici un aperçu des conséquences potentielles pour les principaux types de chirurgie mammaire :

1. Chirurgie d’Augmentation Mammaire (Implants)

L’allaitement est généralement possible après une augmentation mammaire esthétique.
Mécanisme et Implants : Les implants mammaires (silicone ou sérum physiologique) sont insérés derrière la glande mammaire ou sous le muscle pectoral, ce qui permet de préserver la glande et les canaux galactophores. L’implant lui-même est inerte et n’est pas endommagé ou déplacé par l’allaitement.
Risques liés à l’incision : L’incision est un facteur crucial. L’incision périaréolaire (autour de l’aréole) est la plus susceptible d’affecter négativement l’allaitement. Les incisions sous l’aisselle ou sous le sein n’ont théoriquement pas d’impact sur la fonction glandulaire.

Risques de production insuffisante : Les IBCLC ont constaté un taux plus élevé de problèmes d’allaitement chez les mères porteuses d’implants. Dans une étude, 64 % des mères avec implants avaient une sécrétion lactée insuffisante, en particulier lorsque l’incision était périaréolaire. L’implant, surtout s’il est volumineux ou s’il est entouré d’une coque fibreuse, peut comprimer la glande mammaire, potentiellement induisant une atrophie.

Sensibilité : Certaines chirurgies esthétiques peuvent entraîner une perte de sensibilité au niveau du mamelon (environ 2 % des cas), ce qui peut compromettre l’allaitement en affectant le réflexe d’éjection.

Sécurité des Implants : Les études n’ont pas trouvé de différence significative du taux de dérivés de silicone (silice) dans le lait des mères porteuses ou non d’implants mammaires. À l’heure actuelle, il n’existe aucune raison de penser que l’allaitement par une personne porteuse d’implants présente des risques pour l’enfant, malgré quelques études de qualité médiocre ayant décrit des pathologies chez les nourrissons (troubles de la motilité œsophagienne ou douleurs intestinales).

2. Chirurgie de Réduction Mammaire

Le taux de réussite de l’allaitement est significativement plus bas après une chirurgie de réduction mammaire.

Impact : La réduction mammaire implique souvent la section du canal galactophore et l’ablation d’une partie du tissu mammaire. La quantité de lait que la mère pourra sécréter est la principale question. Le taux de réussite varie de 0 % à 70 % selon le type de chirurgie.

Techniques Chirurgicales :

    ◦ Déplacement du mamelon libre : Le mamelon est découpé puis replacé. La lactation est théoriquement impossible, bien que des cas documentés d’allaitement suggèrent une capacité de régénération des canaux.

    ◦ Transposition simple : Le mamelon reste attaché au tissu. Cette méthode est plus favorable, surtout si la réduction se fait à partir de tissu non glandulaire et si la quantité de tissu enlevée est faible.

Mécanismes de l’échec : La chirurgie peut léser les nerfs interférant avec le réflexe d’éjection, sectionner les canaux lactifères (empêchant l’écoulement sans recanalisation), ou laisser une quantité de tissu glandulaire restante insuffisante.

Pronostic et Suivi : Presque toutes les personnes arriveront à avoir du lait. Si l’intégrité de la glande mammaire et sa liaison avec le mamelon ont été préservées au maximum, l’allaitement est généralement possible, mais des compléments sont parfois nécessaires. Les personnes allaitantes peuvent envisager la perspective de donner des compléments. Un suivi étroit est nécessaire pour optimiser la lactation et la croissance de l’enfant.

3. Autres Types de Chirurgie Mammaire

Type de chirurgie

 

Impact sur l’allaitement

 

Détails et nuances

 

Correction d’une Ptose (Lifting)

 

Conséquences similaires à la réduction.

 

Si la correction est isolée et réalisée par transposition simple sans toucher la glande mammaire, les capacités fonctionnelles des seins seront moins affectées. Il est recommandé d’attendre au moins 6 mois après l’opération pour un projet d’allaitement.

 

Biopsies et Ablation de Tumeurs

 

Impact généralement localisé.

 

Le principal risque est l’isolation d’une partie de la glande, ce qui peut provoquer un engorgement localisé. Souvent, la zone non vidée involue naturellement. Puisque cette chirurgie ne touche généralement qu’un seul sein, l’autre reste parfaitement fonctionnel.

 

Mammectomie / Chirurgie Reconstructrice

 

Allaitement impossible du côté opéré.

 

En cas de mastectomie, la glande mammaire est généralement ôtée dans sa totalité. L’allaitement peut se poursuivre avec le sein controlatéral non opéré. L’allaitement devient impossible en cas de double mastectomie.

 

Lipofilling Mammaire

 

Aucun danger pour l’allaitement futur.

 

Cette technique utilise la propre graisse corporelle de la patiente et ne présente aucun danger pour l’allaitement, similaire à l’augmentation par implants.

 

Correction de Mamelons Rétractés/Invaginés

 

Impact potentiel, informations limitées.

 

La correction chirurgicale vise à sectionner les tracti fibreux. Cela peut perturber l’allaitement futur car l’opération peut sectionner les canaux galactophores. Théoriquement, l’intervention n’a pas d’impact négatif si elle est faite avec soin, mais aucune étude n’a évalué la capacité à allaiter après cette chirurgie.

 

Chirurgie Thoracique

 

Impact faible à l’âge adulte, risque si pratiquée pendant l’enfance.

 

Si la chirurgie a lieu pendant l’enfance, elle peut léser la glande mammaire immature. Cependant, la récupération est possible, surtout si l’intervention a eu lieu avant la puberté.

 

En conclusion, il est crucial de noter qu’il est impossible de prédire à l’avance ce qui se passera exactement. Le corps humain a une capacité d’auto-réparation et chaque nouvelle grossesse est l’occasion d’un développement mammaire. Il est conseillé de commencer à allaiter et de suivre la situation de près, en se concentrant sur la croissance de l’enfant. Plus le temps écoulé depuis l’opération est long, plus les chances de réparation sont élevées.
Le chemin vers l’allaitement après une chirurgie mammaire peut demander plus d’efforts, mais avec la bonne information et un suivi expert, de nombreuses personnes réussissent à allaiter.

N’attendez pas la naissance pour vous préparer : la connaissance est votre meilleure alliée.

Céline Bourganeuf Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL, Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatl Mum Care.

Pour toutes consultations visio, cabinet, domicile et juste une approche téléphonique, rendez-vous sur Doctolib.fr.

« Le soutien de l’expertise pour un allaitement éclairé. »

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Mycose et allaitement

Mycose et allaitement

Mycose mammaire et candidose : Comprendre et soigner l’infection fongique en allaitement

Par Céline Bourganeuf, Consultante en Lactation Certifiée IBCLC

La douleur au sein et au mamelon est l’une des raisons les plus fréquentes d’arrêt prématuré de l’allaitement. Si la cause principale reste souvent une mauvaise prise du sein, la mycose mammaire (ou candidose) est une infection fongique à ne pas négliger, qui peut rendre l’allaitement extrêmement douloureux et décourageant.

En tant qu’IBCLC, je vous explique comment identifier, diagnostiquer et traiter efficacement cette infection souvent difficile à éradiquer.


Qu’est-ce que la mycose mammaire ?

La mycose est une infection causée le plus souvent par le champignon Candida albicans, qui est naturellement présent dans le corps humain (bouche, tube digestif, vagin). En allaitement, Candida peut proliférer et infecter le mamelon et le sein, créant un cercle vicieux de douleur et d’inflammation.

Facteurs favorisants :

  • L’humidité et la chaleur : L’environnement chaud et humide du mamelon et de la bouche du bébé est idéal pour la croissance du champignon.

  • Antibiothérapie : La prise récente d’antibiotiques par la mère ou le bébé (pendant l’accouchement ou après) peut détruire la flore bactérienne protectrice, laissant le champ libre au Candida.

  • Dommages cutanés : Des crevasses ou des lésions sur le mamelon (souvent causées par une mauvaise position ou un frein lingual) facilitent l’entrée du champignon.

  • Sucre : Une alimentation riche en sucres peut également favoriser la prolifération du champignon.


Reconnaître les symptômes : Mère et Bébé

Le diagnostic de la mycose est principalement clinique, car ses symptômes peuvent être confondus avec ceux d’une infection bactérienne ou d’une mauvaise prise du sein.

Chez la Mère (Mamelons et Seins)

  • Douleur persistante : C’est le symptôme le plus marquant. La douleur est souvent décrite comme une sensation de brûlure intense, de piqûre ou de coup d’aiguille qui peut irradier profondément dans le sein, y compris entre les tétées.

  • Apparence du mamelon : La peau peut être rouge vif, brillante, squameuse ou présenter de petites vésicules. Elle peut sembler craquelée ou très sensible au toucher.

  • Absence d’amélioration : Contrairement à une douleur due à un mauvais latch qui s’améliore avec la correction de la position, la douleur de la mycose persiste malgré les ajustements.

Chez le Bébé (Bouche et Fesses)

    • Muguet : Taches blanches, crémeuses sur la langue, la face interne des joues ou le palais qui ne s’effacent pas facilement (à différencier des résidus de lait).

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  • Érythème fessier : Des fesses très rouges et irritées, avec de petites lésions satellites (petites taches rouges autour de la zone principale), résistant aux crèmes habituelles.


L’approche de l’IBCLC : Pourquoi consulter avant de traiter

Devant la suspicion de mycose, l’automédication est souvent inefficace car le traitement doit être simultané et ciblé.

  1. Exclusion d’autres causes de douleur : La priorité de l’IBCLC est d’évaluer la succion du bébé pour éliminer toute douleur causée par un frein lingual restrictif ou une mauvaise position, qui nécessiterait des corrections mécaniques avant tout traitement fongicide.

  2. Mise en place d’un traitement double : Le traitement de la mycose doit toujours être simultané pour la mère (sein) et le bébé (bouche) pour éviter la recontamination constante (ping-pong infectieux) pendant 3 semaines.

  3. Gestion de la lactation : L’IBCLC s’assure que, malgré la douleur, l’extraction de lait reste efficace pour maintenir la production et éviter l’engorgement. Si l’allaitement direct est trop douloureux, un protocole de tirage de lait peut être mis en place.

Protocole de traitement (sur prescription médicale)

Le traitement d’une mycose mammaire nécessite une prescription médicale pour les antifongiques. L’IBCLC apporte le protocole de gestion et les conseils d’hygiène.

  1. Traitement local : Application d’une crème ou d’une solution antifongique sur les mamelons après chaque tétée pour la mère.

  2. Traitement buccal : Application d’un gel ou d’une solution antifongique dans la bouche du bébé, souvent plusieurs fois par jour, pour traiter le muguet.

  3. Mesures d’hygiène rigoureuses :

    • Stérilisation quotidienne des pièces du tire-lait, des tétines et des jouets que le bébé met à la bouche.

    • Lavage à haute température (60°C) de tous les articles en contact avec le sein (coussinets, sous-vêtements).

    • Changement fréquent des coussinets d’allaitement.

    • Exposition à l’air des mamelons après chaque tétée pour réduire l’humidité.

La mycose est un challenge, mais un diagnostic précis et un traitement coordonné entre le médecin/sage-femme et l’IBCLC permettent généralement une guérison complète. N’hésitez jamais à consulter dès les premiers signes de douleur persistante. Votre confort est essentiel pour la poursuite de votre allaitement.

N’attendez pas que les difficultés s’installent. Comprendre, c’est déjà réussir.

Céline Bourganeuf Consultante en Lactation Certifiée IBCLC, Présidente de l’AFCL et Fondatrice du forum Mum Mood & du Centre périnatl Mum Care.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

Source : OMS, PNNS, HAS, ANAES, AFFSAPS

 

Troubles de la succion et allergie du bébé

Troubles de la succion et allergie du bébé

Les troubles de la succion et les allergies du bébé : une interaction complexe dans l’allaitement
En tant qu’IBCLC, je rencontre souvent des parents confrontés à des défis d’allaitement, et deux problèmes qui peuvent être liés de manière inattendue sont les troubles de la succion et les allergies alimentaires chez le bébé.
Qu’est-ce qu’un trouble de la succion ?
Un trouble de la succion se manifeste lorsque le bébé a des difficultés à prendre le sein et à téter efficacement. Cela peut être dû à diverses raisons, comme un frein de langue (ankyloglossie), un frein de lèvre, une faible tonicité musculaire, ou des problèmes neurologiques.
Les signes courants incluent :
• Une prise de sein douloureuse ou superficielle pour la maman.
• Des bruits de claquement ou un lâcher fréquent du sein.
• Un gain de poids insuffisant chez le bébé.
• Un bébé qui s’endort rapidement au sein ou s’agite.
• Des coliques et des gaz importants.
Et les allergies alimentaires chez le bébé allaité ?
Les allergies alimentaires se produisent lorsque le système immunitaire du bébé réagit à des protéines présentes dans le lait maternel, qui proviennent de l’alimentation de la mère. Les allergènes les plus courants sont les protéines de lait de vache (APLV), le soja, les œufs, le blé et les noix.
Les symptômes peuvent inclure :
• Éruptions cutanées (eczéma, urticaire).
• Problèmes digestifs : reflux, diarrhée, constipation, mucus ou sang dans les selles.
• Symptômes respiratoires : sifflements, congestion nasale.
• Agitation, pleurs inconsolables.
Le lien surprenant entre les deux :
Alors, comment ces deux problèmes peuvent-ils être liés ?
Un bébé qui souffre d’une allergie alimentaire peut ressentir un inconfort gastro-intestinal qui rend la succion difficile et douloureuse. L’inflammation et les gaz peuvent perturber la coordination de la succion-déglutition-respiration. De plus, la douleur peut pousser le bébé à adopter une mauvaise position ou à relâcher le sein fréquemment, ce qui peut aggraver un problème de succion existant.
Pourquoi est-ce important de faire le lien ?
1 Le diagnostic est crucial : Un trouble de la succion peut masquer une allergie, et inversement. Si un bébé a un frein de langue, mais aussi une allergie, il faut traiter les deux. Se concentrer uniquement sur l’un des problèmes peut ne pas résoudre les symptômes.
2 L’approche doit être holistique : En tant que consultante IBCLC, j’examine l’ensemble du tableau clinique : la prise de sein, la mécanique de la succion, mais aussi les symptômes digestifs et cutanés du bébé. Cela me permet de proposer des solutions complètes, qu’il s’agisse de techniques de succion, de rééducation linguale, ou d’un régime d’éviction pour la mère.
3 Le soulagement est possible : En identifiant et en gérant à la fois les problèmes de succion et les allergies, les parents voient souvent un soulagement significatif. Le bébé devient plus confortable, le gain de poids s’améliore, et l’allaitement devient une expérience apaisante et épanouissante pour la mère et l’enfant.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC L-84387
Présidente AFCL & MUM MOOD
celinebourganeuf.com

Consultante en lactation IBCLC

Consultante en lactation IBCLC

IBCLC et autres Consultantes en Lactation : Comprendre la Différence Cruciale.
En tant que consultante en lactation IBCLC, je suis souvent confrontée à une certaine confusion concernant les différents titres et qualifications dans le domaine du soutien à l’allaitement. Il est essentiel pour les parents de comprendre ce qui distingue une IBCLC (International Board Certified Lactation Consultant) des autres personnes offrant des services de conseil en lactation. Cette distinction n’est pas seulement une question de titre, mais de profondeur de formation, de rigueur d’évaluation et de portée de pratique.
Qu’est-ce qu’une IBCLC ?
L’acronyme IBCLC signifie International Board Certified Lactation Consultant. Ce titre est la référence mondiale en matière d’excellence et de compétence dans le domaine de l’allaitement maternel. Pour devenir IBCLC, un individu doit satisfaire à des critères rigoureux établis par le International Board of Lactation Consultant Examiners (IBLCE), l’organisme de certification international.
Ces critères comprennent :
• Formation Spécifique en Sciences de la Santé : La plupart des candidats IBCLC ont déjà un diplôme dans un domaine de la santé (infirmière, sage-femme, médecin, diététicien, etc.) ou doivent suivre un nombre conséquent de crédits universitaires en sciences de la santé.
• Formation Approfondie en Lactation Humaine : Cela implique un nombre significatif d’heures de formation didactique spécifique à l’allaitement, couvrant des domaines comme l’anatomie et la physiologie de la lactation, la pharmacologie et l’allaitement, la gestion des problèmes d’allaitement complexes, l’éthique, et la communication.
• Expérience Clinique Supervisée : Un nombre substantiel d’heures de pratique clinique directe avec des mères et des bébés allaités est requis, souvent sous la supervision d’une autre IBCLC expérimentée. Cette expérience garantit une application pratique des connaissances théoriques.
• Examen de Certification International : Après avoir rempli toutes les exigences de formation et d’expérience, les candidats doivent réussir un examen global et exigeant administré par l’IBLCE. Cet examen est passé par des milliers de professionnels de la santé à travers le monde.
• Maintien de la Certification : La certification IBCLC n’est pas acquise à vie. Elle doit être renouvelée tous les cinq ans par le biais d’heures de formation continue et tous les dix ans par un examen de re-certification. Cela garantit que les IBCLC restent à jour avec les dernières recherches et pratiques basées sur des preuves.
En claire, une IBCLC est une professionnelle de la santé spécialisée qui a suivi une formation exhaustive, accumulé une expérience clinique substantielle et réussi un examen international rigoureux. Elle est capable de gérer des situations d’allaitement simples comme des cas complexes, y compris ceux impliquant des conditions médicales chez la mère ou le bébé.
Qui sont les « autres consultantes en lactation » ?
Le terme « consultante en lactation » n’est pas protégé. Cela signifie que n’importe qui peut s’autoproclamer « consultante en lactation », « conseillère en allaitement » ou « spécialiste de l’allaitement » sans avoir suivi une formation standardisée ou obtenu une certification reconnue.
Parmi ces « autres consultantes », on peut trouver :
• Conseillères en Allaitement Benevoles (La Leche League, etc.) : Ces personnes offrent un soutien invaluable, souvent basé sur leur propre expérience d’allaitement et une formation par l’organisation à laquelle elles appartiennent. Elles sont excellentes pour le soutien émotionnel et les conseils pratiques de base. Cependant, leur formation est généralement moins poussée et elles ne sont pas qualifiées pour diagnostiquer ou traiter des problèmes médicaux liés à l’allaitement.
• Professionnelles de Santé Non Spécialisées : Certaines infirmières, sages-femmes ou doulas peuvent offrir des conseils en allaitement dans le cadre de leur pratique générale. Bien qu’elles aient une base en soins de santé, elles n’ont pas nécessairement la formation spécifique et approfondie en lactation que possède une IBCLC.
• Personnes ayant suivi des formations courtes ou non certifiantes : Il existe de nombreux cours et ateliers sur l’allaitement qui peuvent donner des informations utiles. Cependant, ils ne confèrent pas le niveau d’expertise et la reconnaissance internationale de la certification IBCLC.
Pourquoi cette différence est-elle cruciale  ?
La principale différence réside dans la portée de la pratique, l’expertise clinique et la capacité à gérer des problèmes complexes.
• L’IBCLC est une experte clinique : Elle est formée pour identifier et résoudre des problèmes d’allaitement complexes qui peuvent être liés à l’anatomie du bébé (frein de langue restrictif), à la physiologie de la mère (insuffisance de production de lait, mastite récurrente), à des conditions médicales (diabète, hypothyroïdie), ou à des médicaments. Elle peut élaborer des plans de soins personnalisés et travailler en collaboration avec d’autres professionnels de la santé.
• Approche basée sur des preuves : Les IBCLC sont tenues de maintenir leurs connaissances à jour avec les dernières recherches scientifiques et d’appliquer des pratiques fondées sur des preuves.
• Professionnalisme et éthique : Les IBCLC sont soumises à un code de conduite et à des normes éthiques strictes, garantissant un service professionnel et respectueux.
• Reconnaissance et confiance : Le titre d’IBCLC est internationalement reconnu, offrant aux parents l’assurance qu’ils travaillent avec une professionnelle hautement qualifiée et compétente.
Quand consulter une IBCLC ?
Il est recommandé de consulter une IBCLC si vous rencontrez :
• Dès la 37 émé semaine de grossesse
• Des douleurs persistantes pendant l’allaitement.
• Une faible prise de poids du bébé.
• Une production de lait insuffisante ou excessive.
• Des problèmes de succion chez le bébé.
• Des conditions médicales maternelles ou infantiles affectant l’allaitement.
• Un retour au travail et la gestion de l’allaitement.
• Un souhait d’allaiter des jumeaux ou des prématurés.
• Toute situation où vous avez le moindre doute ou question sur votre allaitement.
En conclusion :
Choisir un soutien pour l’allaitement est une décision importante. Alors que toutes les personnes offrant de l’aide peuvent avoir de bonnes intentions, comprendre la différence entre une IBCLC et les autres prestataires de services d’allaitement est essentiel pour garantir que vous recevez les soins les plus appropriés et les plus qualifiés pour votre situation. Une IBCLC est une professionnelle de la santé formée et certifiée pour gérer toutes les facettes de l’allaitement, du plus simple au plus complexe, vous offrant ainsi la meilleure chance de vivre une expérience d’allaitement réussie et épanouissante.

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com

4 erreurs à éviter quand vous visitez une maman qui allaite

4 erreurs à éviter quand vous visitez une maman qui allaite

Rendre visite à une nouvelle maman qui allaite est un geste merveilleux, mais il est important d’être attentionné pour ne pas ajouter de stress.

En tant qu’IBCLC, j’accompagne de nombreuses familles en début de parcours d’allaitement. L’arrivée d’un bébé est un moment de joie intense, mais aussi de grands bouleversements. Les visites de proches sont précieuses, mais pour qu’elles soient un véritable soutien, il est essentiel d’adopter la bonne approche. Voici 4 erreurs courantes que j’observe et que je vous encourage à éviter lorsque vous rendez visite à une maman qui allaite.

1.⁠ ⁠Arriver sans prévenir ou au mauvais moment

L’horloge d’une nouvelle maman qui allaite n’est pas la même que la vôtre. Son emploi du temps est dicté par les signaux de faim de son bébé, les sessions d’allaitement parfois longues, les changements de couches, et de rares fenêtres de repos. Une arrivée inopinée peut interrompre une tétée cruciale, décaler une sieste du bébé (et donc de la maman), ou simplement la prendre au dépourvu, alors qu’elle est en pleine intimité avec son nouveau-né.

Mon conseil d’IBCLC : La communication est clé. Avant de vous déplacer, envoyez un message ou appelez pour demander quand la visite serait la plus opportune. Proposez des créneaux flexibles, et soyez prêt à reporter si la maman se sent fatiguée ou si le moment ne s’y prête pas. Respectez son rythme, c’est le plus beau cadeau que vous puissiez lui faire.

2.⁠ ⁠Ne pas offrir d’aide pratique et concrète

Il est naturel de vouloir tenir le bébé et de s’émerveiller devant lui. Cependant, la nouvelle maman, bien que comblée, est souvent épuisée et submergée par la charge mentale et physique de l’après-accouchement et de l’allaitement. Les compliments sont agréables, mais une aide tangible est inestimable.

Mon conseil d’IBCLC : Au lieu de la formule générale « Dis-moi si tu as besoin de quelque chose », proposez des actions spécifiques.

« Je peux t’apporter un plat maison pour ce soir ? »
« Puis-je m’occuper de la vaisselle ou d’une lessive pendant que tu te reposes ? »
« Y a-t-il des courses urgentes que je pourrais faire en chemin ? »
« Si tu as des enfants plus grands, je peux les emmener au parc pendant une heure ? » Un petit coup de main sur une tâche ménagère, la préparation d’un repas nutritif, ou la gestion des aînés, libère un temps précieux pour la maman et lui permet de se concentrer sur l’allaitement et son rétablissement.

3.⁠ ⁠Donner des conseils non sollicités sur l’allaitement ou l’éducation

Le monde de l’allaitement est vaste et complexe, et chaque dyade mère-bébé est unique. Une nouvelle maman est déjà exposée à une multitude d’informations, parfois contradictoires, et elle est souvent en phase d’apprentissage et d’ajustement. Des commentaires comme « Ton bébé a l’air de ne pas prendre assez » ou « Tu devrais essayer de lui donner des biberons de temps en temps » peuvent instiller le doute, générer de l’anxiété et même nuire à sa confiance en ses capacités à allaiter.

Mon conseil d’IBCLC : À moins qu’elle ne vous demande explicitement un avis d’expert (et même là, si vous n’êtes pas un professionnel de santé spécialisé en lactation, soyez prudent), abstenez-vous de donner des conseils. Concentrez-vous sur l’écoute, l’empathie et les encouragements. Validez ses sentiments et exprimez votre confiance en ses capacités. Votre rôle est de la soutenir dans ses choix, non de les remettre en question.

4.⁠ ⁠Rester trop longtemps ou monopoliser le bébé

Une maman qui allaite a besoin de beaucoup de repos et de moments de « peau à peau » avec son bébé pour favoriser le lien d’attachement et stimuler sa production de lait. Une visite qui s’éternise peut l’empêcher de se reposer, de faire téter son bébé tranquillement, ou de simplement profiter d’un moment calme en famille. De même, un bébé qui passe de bras en bras peut être sur-stimulé, ce qui peut rendre les tétées plus difficiles et perturber son sommeil.

Mon conseil d’IBCLC : Soyez attentif aux signaux de la maman (fatigue, bâillements) et du bébé (agitation, pleurs). Idéalement, une visite d’une durée de 30 à 60 minutes est souvent suffisante. Lorsque le bébé commence à montrer des signes d’éveil ou de faim, proposez-lui de le rendre à sa mère et de partir. Votre visite doit être un souffle d’air frais, pas une source d’épuisement supplémentaire.

En tant qu’IBCLC, je crois fermement qu’une visite bien intentionnée et respectueuse peut être une source de grand réconfort pour les nouvelles mamans. En évitant ces erreurs, vous offrez un soutien inestimable qui contribue positivement au bien-être de la mère, du bébé et de la famille dans son ensemble.

N’hésitez pas à poser des questions à la maman si vous voulez savoir comment la soutenir au mieux. Sa réponse vous guidera.

Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF

Puéricultrice
Consultante en lactation IBCLC
celinebourganeuf.com

Les avantages de l’allaitement

Les avantages de l’allaitement

L’allaitement offre une multitude d’avantages significatifs tant pour le bébé que pour la personne allaitante. En voici les principaux :

Pour le bébé :

– Nutrition optimale et équilibrée : Le lait hulain est parfaitement adapté aux besoins nutritionnels spécifiques du nourrisson en constante évolution. Il contient le juste équilibre de protéines, de graisses, de glucides, de vitamines et de minéraux, facilement digestibles et biodisponibles.

– Protection immunitaire renforcée : Le lait humain est riche en anticorps, en enzymes et en cellules immunitaires qui protègent le bébé contre les infections bactériennes, virales et parasitaires (diarrhées, infections respiratoires, otites, etc.).

– Réduction du risque de certaines maladies : Des études ont montré que l’allaitement maternel est associé à un risque plus faible de développer certaines affections à court et à long terme, telles que :

L’asthme et les allergies
L’eczéma
Le diabète de type 1 et 2
L’obésité infantile
La leucémie infantile
Le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN)

– Meilleure digestion et moins de troubles gastro-intestinaux : Le lait humain est plus facile à digérer que le lait de préparation pour nourisson, ce qui entraîne moins de régurgitations, de constipation et de diarrhées chez le bébé.

– Développement cognitif potentiellement amélioré : Certaines études suggèrent que les bébés allaités pourraient avoir un développement cognitif légèrement supérieur.

– Développement oral et facial optimal : La succion au sein favorise un bon développement des muscles de la bouche et de la mâchoire, ce qui peut avoir un impact positif sur la parole et l’alignement des dents.

– Lien affectif renforcé : Le contact peau à peau pendant l’allaitement favorise la libération d’hormones comme l’ocytocine, renforçant le lien émotionnel et l’attachement entre la personne allaitante et l’enfant.

Pour la personne allaitante :

– Rétablissement post-partum plus rapide : L’allaitement stimule la contraction de l’utérus, ce qui aide à réduire les saignements post-partum et à retrouver plus rapidement la taille de l’utérus d’avant la grossesse.

– Réduction du risque de certaines maladies à long terme : Des études ont montré que l’allaitement est associé à un risque plus faible de développer :
Le cancer du sein et de l’ovaire
Le diabète de type 2
L’ostéoporose
Les maladies cardiovasculaires

– Aide à la perte de poids post-grossesse : L’allaitement consomme des calories, ce qui peut faciliter la perte de poids après l’accouchement (bien que cela varie d’une personne à l’autre).

– Aspect pratique et économique : Le lait humain est toujours disponible, à la bonne température et ne coûte rien. Il évite l’achat, la préparation et la stérilisation des biberons et du préparation commerciale pour nourrisson.

– Bien-être émotionnel : La libération d’ocytocine pendant l’allaitement favorise un sentiment de calme, de bien-être et de relaxation chez la personne allaitante.

– Espacement des naissances (méthode MAMA) : L’allaitement exclusif, fréquent et à la demande pendant les six premiers mois peut avoir un effet contraceptif (méthode de l’aménorrhée lactationnelle), bien que cette méthode ne soit pas fiable à 100%.

Il est important de noter que même une durée limitée d’allaitement apporte des bénéfices significatifs pour le bébé et la mère.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie et sa poursuite, avec l’introduction d’aliments complémentaires appropriés, jusqu’à l’âge de deux ans et au-delà, aussi longtemps que la personne allaitante et l’enfant le souhaitent.

Céline

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Rédactrice : 

Céline BOURGANEUF
Consultante en lactation IBCLC
Accompagnante BN, Approche Colson
celinebourganeuf.com